Les gardiens sauvages des côtes bretonnes : la fascinante histoire des phoques gris

découvrez l'histoire fascinante des phoques gris, gardiens sauvages des côtes bretonnes, qui peuplent la région depuis des siècles. en apprendre davantage sur leur comportement, leur habitat, et leur rôle essentiel dans l'écosystème marin.
Sommaire5 sections
  1. 01Reconnaître un phoque gris d'un phoque veau-marin
  2. 02Où ils se posent, et pourquoi toujours aux mêmes endroits
  3. 03Ce qu'ils mangent vraiment
  4. 04Les naissances, en automne, et un sevrage brutal
  5. 05Protégés sur le papier, dérangés dans les faits

Un phoque gris posé sur un rocher de l'archipel de Molène ne dort pas toujours, ne s'est pas échoué et n'a presque jamais besoin d'aide : il digère. Savoir lire cette scène évite la moitié des dérangements signalés chaque année sur les côtes bretonnes.

Reconnaître un phoque gris d'un phoque veau-marin

Les deux espèces se croisent en Bretagne, et on les confond tout le temps. Le phoque gris (Halichoerus grypus) a un museau long et droit, un profil de cheval vu de côté, des narines parallèles qui ne se rejoignent pas. Le veau-marin, lui, a une tête ronde et un museau court, avec des narines en V. La taille tranche aussi : un mâle gris adulte atteint 2,3 à 2,5 mètres pour 250 à 300 kg, parfois plus, quand une femelle dépasse rarement 1,8 mètre et 180 kg. Le pelage, gris à brun taché, sèche en clair et donne à l'animal cet aspect marbré que l'on voit sur les photos prises à marée basse.

Où ils se posent, et pourquoi toujours aux mêmes endroits

Les colonies bretonnes se concentrent sur deux secteurs : l'archipel de Molène et la mer d'Iroise d'une part, l'archipel des Sept-Îles au large de Perros-Guirec d'autre part. Ce ne sont pas des choix esthétiques. Il faut des rochers découvrant à marée basse, une pente qui laisse rejoindre l'eau en quelques secondes, une profondeur suffisante à proximité et pas de passage humain régulier. Les grottes marines et les criques inaccessibles à pied remplissent ce cahier des charges, les plages fréquentées non.

Phoque gris allongé sur un rocher découvert par la marée, museau relevé

Un phoque qui reste plusieurs heures hors de l'eau, immobile, la tête et la queue relevées en banane, fait exactement ce qu'il doit faire. Il se réchauffe et il digère. Le remettre à l'eau, l'arroser ou l'approcher pour vérifier qu'il va bien lui coûte de l'énergie et le prive de son repos.

Ce qu'ils mangent vraiment

L'idée du phoque qui poursuit des bancs de maquereaux en pleine eau est tenace mais fausse pour cette espèce. Le phoque gris chasse surtout au fond, sur des plongées de 4 à 8 minutes et parfois plus de 100 mètres de profondeur. Son menu breton tourne autour des poissons plats, des congres, des lieus, des tacauds et des céphalopodes. Il avale entre 4 et 7 kg par jour selon la saison et sa taille, beaucoup moins pendant la reproduction où les mâles jeûnent plusieurs semaines.

Les naissances, en automne, et un sevrage brutal

Jeune phoque au pelage blanc allongé sur les galets d'une crique isolée

En Bretagne, les mises bas se concentrent entre septembre et décembre, dans des grottes ou sur des plages de galets que la mer n'atteint pas. La femelle donne naissance à un seul petit, le blanchon, couvert d'un duvet blanc qui n'est pas imperméable : tant qu'il le porte, il ne peut pas nager longtemps. L'allaitement dure environ trois semaines, avec un lait qui monte à plus de 50 % de matière grasse. Le petit triple son poids, passant de 15 kg à 45 kg environ, puis la mère repart. Fin de l'histoire maternelle.

Protégés sur le papier, dérangés dans les faits

L'espèce est protégée en France par l'arrêté du 1er juillet 2011 et figure aux annexes II et V de la directive Habitats. Les effectifs bretons se comptent en quelques centaines d'individus, avec des échanges permanents avec les colonies britanniques et irlandaises. Les vraies menaces ne sont pas le braconnage mais les captures accidentelles dans les engins de pêche, les macro-déchets, et la fréquentation croissante des reposoirs par les kayaks, les paddles et les bateaux à moteur.

Observer les phoques gris depuis un sentier côtier avec une paire de jumelles reste la meilleure formule. Aux Sept-Îles comme en Iroise, les sorties commentées en bateau respectent des distances d'approche définies avec les gestionnaires de réserve, et elles apprennent en une heure plus que n'importe quelle approche sauvage.

Résumer cet article avec :

Partager :