Les merveilleux animaux d'Islande : partez à leur découverte

Les merveilleux animaux d'Islande
Sommaire6 sections
  1. 01Un peuplement qui date d'hier
  2. 02Ce qu'on voit dans l'eau, et à quelle saison
  3. 03Les phoques, souvent oubliés du programme
  4. 04Les oiseaux: le vrai spectacle islandais
  5. 05Le cheval islandais et sa cinquième allure
  6. 06Et l'ours polaire

L'Islande ne compte qu'un seul mammifère terrestre indigène: le renard polaire. Tous les autres, renne, souris, vison, lapin, sont arrivés dans les bateaux. Cette faune récente, tardive et bricolée par l'homme explique presque tout ce qu'on peut y observer, et beaucoup de ce qu'on y raconte à tort.

Un peuplement qui date d'hier

L'île est sortie de l'océan il y a une vingtaine de millions d'années et se trouve à environ 970 kilomètres de la Norvège, 290 du Groenland. Aucun pont terrestre ne l'a jamais reliée à un continent. Les espèces qui s'y sont installées ont volé, nagé, ou dérivé sur la banquise. Résultat: une avifaune marine considérable, des cétacés en nombre, et une faune terrestre d'une pauvreté remarquable.

Ce contexte change la façon d'organiser un séjour. Les espèces sont peu nombreuses, très localisées et strictement saisonnières, si bien que savoir lire le comportement des animaux sauvages vaut mieux ici qu'un long téléobjectif. Notez aussi que l'Islande applique des règles d'importation d'animaux parmi les plus strictes d'Europe, quarantaine comprise: quiconque envisage de voyager avec son chat doit s'en occuper des mois à l'avance, et le plus souvent y renoncer.

Le renard polaire est le seul à être arrivé seul, probablement à la fin de la dernière glaciation, en marchant sur la glace de mer depuis le Groenland. Il vit dans toute l'île, avec une concentration bien connue dans la réserve de Hornstrandir, dans les fjords de l'Ouest, où il est protégé depuis 1994 et où il se laisse approcher à quelques mètres. Sa fourrure change deux fois par an: blanche l'hiver chez la forme dite blanche, brun sombre l'été. La forme dite bleue, majoritaire en Islande, reste grise toute l'année.

Ce qu'on voit dans l'eau, et à quelle saison

Les eaux islandaises abritent une vingtaine d'espèces de cétacés. Les quatre que l'on observe le plus souvent depuis un bateau sont la baleine à bosse, le petit rorqual, le dauphin à bec blanc et le marsouin commun. Húsavík, sur la baie de Skjálfandi au nord, s'est fait une réputation là-dessus, avec des taux de réussite annoncés très élevés en été; Reykjavík et Ólafsvík proposent des sorties équivalentes.

La baleine à bosse atteint 16 mètres et une trentaine de tonnes. Elle saute hors de l'eau, frappe la surface de sa nageoire pectorale et lève la queue avant de plonger, ce qui la rend identifiable de loin même par un débutant. La meilleure fenêtre va de juin à août, quand les journées durent presque vingt heures et que la mer est la plus praticable.

Le béluga n'est pas un habitant des eaux islandaises. Les deux bélugas connus du public y ont été transportés depuis un delphinarium chinois en 2019, vers un sanctuaire marin aménagé dans une baie des îles Vestmann. C'est une histoire de captivité, pas d'observation en milieu naturel. Pour croiser d'autres cétacés et comprendre ce qui les distingue, la lecture d'un panorama des grandes espèces marines des océans évite quelques confusions courantes.

Les phoques, souvent oubliés du programme

Deux espèces se reproduisent sur les côtes: le phoque veau marin et le phoque gris. On les observe sans bateau, depuis la terre, ce qui en fait la rencontre la plus accessible de tout le pays. La péninsule de Vatnsnes, au nord-ouest, et la lagune glaciaire de Jökulsárlón, au sud-est, sont les deux points les plus fiables. À Jökulsárlón, les phoques nagent entre les blocs de glace détachés du glacier, à une centaine de mètres du parking.

La règle sur place est de rester à cinquante mètres au moins et de ne jamais s'interposer entre un jeune et l'eau. Un phoque qui relève la tête et vous fixe est déjà dérangé.

Les oiseaux: le vrai spectacle islandais

L'île accueille chaque été des colonies d'oiseaux marins parmi les plus denses de l'Atlantique nord. Ce sont eux, plus que les mammifères, qui font la réputation animalière du pays.

Le macareux moine

L'Islande abrite une large majorité des macareux moines de la planète, une part souvent estimée à près de 60 %. Les colonies les plus accessibles se trouvent aux îles Vestmann, à Látrabjarg dans les fjords de l'Ouest, à Dyrhólaey près de Vík et à Grímsey sur le cercle polaire. L'oiseau mesure une trentaine de centimètres, bat des ailes environ quatre cents fois par minute et rapporte au nid une dizaine de lançons alignés en travers du bec.

Son bec n'est coloré qu'en période de reproduction: les plaques cornées orange tombent après la saison, et l'oiseau passe l'hiver en pleine mer avec un bec plus terne et plus étroit. Le reste de l'année, il ne touche pas terre.

Macareux moine au bec orange posé sur une falaise herbeuse d'Islande

Le gerfaut, la sterne arctique et les autres

Le gerfaut est le plus grand faucon du monde et l'oiseau national islandais; il niche dans les falaises intérieures et reste difficile à observer. La sterne arctique est plus démonstrative: elle effectue chaque année la plus longue migration connue du règne animal, de l'Arctique à l'Antarctique, et défend sa colonie en piquant sur les intrus. Un bâton tenu au-dessus de la tête suffit à faire dévier les attaques.

Ajoutez le bruant des neiges, le pipit maritime, l'eider à duvet, le grand labbe et le plongeon catmarin, et vous avez le gros de ce qu'un séjour d'une semaine permet de cocher. Ces observations n'ont rien de commun avec la chasse aux espèces confidentielles décrite dans les listes d'animaux les plus rares de la planète: en Islande, l'abondance fait le spectacle.

Le cheval islandais et sa cinquième allure

Petit, trapu, 130 à 145 centimètres au garrot, le cheval islandais descend des montures embarquées par les colons scandinaves au IXe siècle. Il est resté isolé depuis. Une loi interdit d'importer un cheval dans le pays, et un cheval islandais qui en sort ne peut plus jamais y revenir: c'est ce qui a maintenu le cheptel indemne de plusieurs maladies équines courantes ailleurs.

Il possède deux allures de plus que les autres races. Le tölt, une marche latérale rapide et sans temps de suspension, si régulière qu'un cavalier peut y tenir un verre plein. Et le skeið, l'amble volant, réservé aux meilleurs sujets, qui atteint une quarantaine de kilomètres par heure sur de courtes distances.

Les randonnées à cheval se pratiquent partout, y compris pour des cavaliers qui n'ont jamais monté. Il faut savoir qu'on n'appelle jamais ces chevaux des poneys en Islande, même si leur taille correspond: la susceptibilité locale sur ce point est réelle.

Et l'ours polaire

Il ne vit pas en Islande. Quelques individus dérivent depuis le Groenland sur des plaques de banquise et touchent terre au nord-ouest, à raison de très rares apparitions par décennie. Un ours affamé après plusieurs jours de dérive est dangereux, et les autorités islandaises l'abattent généralement, faute de moyens de le renvoyer chez lui. Ce n'est pas une espèce à observer, c'est un accident géographique.

Si votre séjour est court, hiérarchisez: une sortie baleines depuis Húsavík ou Reykjavík, une colonie de macareux entre mai et août, et un arrêt phoques à Vatnsnes ou Jökulsárlón. Trois demi-journées suffisent à couvrir la faune islandaise réellement observable.

Résumer cet article avec :

Partager :

cheval