Les messages que votre chien essaie de vous faire passer !

découvrez les messages que votre chien essaie de vous faire passer ! comprenez son langage et renforcez votre lien avec lui. astuces et conseils pour une meilleure communication avec votre compagnon à quatre pattes.
Sommaire6 sections
  1. 01Les signaux d'apaisement, ce que votre chien répète le plus souvent
  2. 02La queue, l'oreille et le regard : trois cadrans à lire ensemble
  3. 03Le lien de dépendance est réel, et il se mesure
  4. 04L'ennui parle fort, mais pas avec des mots
  5. 05Chaque chien a son propre dictionnaire
  6. 06Quand un changement de comportement doit vous inquiéter

Un chien qui bâille en plein salon n'a pas forcément sommeil : il vous demande souvent de baisser d'un ton. Son vocabulaire corporel est lisible, encore faut-il savoir où poser les yeux.

La plupart des malentendus entre un chien et son humain ne viennent pas d'un problème d'éducation. Ils viennent d'un décalage de langue. Nous parlons avec la bouche et les mots, lui parle avec les oreilles, la queue, la vitesse de son souffle et la distance qu'il met entre vous et lui. Voici ce qu'il dit vraiment, signal par signal.

Les signaux d'apaisement, ce que votre chien répète le plus souvent

Chien assis qui détourne la tête et se lèche la truffe face à son maître

Les éthologues les appellent signaux d'apaisement. Ce sont de petits gestes que le chien envoie pour désamorcer une tension, chez lui ou chez vous. Le coup de langue rapide sur la truffe alors qu'il n'a rien mangé. Le bâillement en pleine journée, sans fatigue. La tête qui se détourne franchement sur le côté. Le reniflement au sol soudain, au beau milieu d'une situation qui n'a rien d'odorant. Le grattage d'une oreille sans démangeaison.

Pris isolément, aucun de ces gestes ne veut dire grand-chose. Groupés, et surtout répétés dans les secondes qui suivent votre intervention, ils forment une phrase claire : je suis mal à l'aise, laissez-moi de l'air. Un chien qui enchaîne trois de ces signaux pendant que vous le grondez ne vous nargue pas. Il essaie d'arrêter le conflit.

La queue, l'oreille et le regard : trois cadrans à lire ensemble

La queue qui remue ne signifie pas joie, elle signifie activation. Un chien tendu remue aussi la queue, mais haut, raide, avec des battements courts et rapides. Le chien détendu la porte à mi-hauteur, avec un mouvement ample qui entraîne tout l'arrière-train. Des chercheurs de l'université de Trente ont même décrit en 2007 une asymétrie du battement : plutôt vers la droite face à quelque chose de familier, plutôt vers la gauche face à ce qui inquiète.

Les oreilles se lisent par rapport à leur position au repos, ce qui demande de connaître son propre chien : plaquées vers l'arrière, elles marquent l'inconfort ou la soumission, pointées vers l'avant, elles marquent la fixation sur une cible. Quant au regard, la règle est simple. Un chien qui vous regarde en clignant, muscles du front relâchés, est disponible. Un chien qui fixe sans ciller, corps immobile, demande à être laissé tranquille, et cela vaut aussi quand il s'agit de sa gamelle ou de son os.

Le lien de dépendance est réel, et il se mesure

Votre chien vous cherche des yeux quand il ne comprend pas une situation, c'est une différence nette avec le loup élevé en captivité, qui tente de résoudre le problème seul. Une équipe japonaise dirigée par Takefumi Kikusui a publié en 2015 dans Science une mesure devenue classique : chez le chien comme chez son propriétaire, le taux d'ocytocine urinaire monte après une séance de regard mutuel. Le mécanisme ressemble à celui qui lie une mère et son nourrisson.

Cela a une conséquence pratique. Quand vous êtes tendu, votre chien le capte, par votre voix, votre rythme et probablement votre odeur. Le rentrer d'une balade en soupirant après une mauvaise journée de travail n'est pas neutre pour lui.

L'ennui parle fort, mais pas avec des mots

Chien couché sur un tapis en train de mâchonner un jouet distributeur de croquettes

La plinthe rongée, les aboiements en série vers 18 h, le chien qui creuse le canapé : dans la majorité des cas ce n'est pas de la vengeance, c'est un budget d'activité non dépensé. Un chien adulte en bonne santé a besoin d'une à deux heures de sortie par jour selon la race, et surtout de reniflement libre, qui fatigue plus qu'une course. Vingt minutes de piste olfactive dans un champ valent souvent une heure de trottinette.

La stimulation mentale compte autant. Distribuer la ration du soir dans un jouet à fouiller plutôt que dans une gamelle prend trente secondes à préparer et occupe le chien un quart d'heure. Les chiens de travail et les races de berger en ont plus besoin que les autres, et c'est chez eux que l'ennui se transforme le plus vite en comportement compulsif.

Chaque chien a son propre dictionnaire

Deux labradors de la même portée n'ont pas le même seuil de tolérance au bruit, ni la même façon de demander à sortir. Certains viennent poser la truffe sur le genou, d'autres se plantent devant la porte sans un son, d'autres encore tournent en rond. La race donne une tendance, pas une notice : un border collie moyen sera plus sensible au mouvement, un beagle moyen plus dirigé par l'odeur, et votre chien restera un cas particulier.

Sur la longévité, un mot, parce qu'on lit souvent de travers : la moyenne toutes races confondues tourne autour de 11 à 13 ans, mais l'écart entre formats est considérable. Un chihuahua ou un caniche nain dépasse souvent 15 ans, alors qu'un dogue allemand ou un bouvier bernois atteint rarement 9 ans. Le surpoids est le facteur sur lequel vous avez le plus de prise : les chiens maintenus minces vivent en moyenne plus longtemps, une étude conduite sur des labradors par Purina et publiée en 2002 avançait un écart proche de deux ans.

Quand un changement de comportement doit vous inquiéter

Un chien qui devient brusquement irritable, qui refuse d'être touché à un endroit précis, qui se met à haleter la nuit ou qui perd une habitude installée depuis des années ne fait pas un caprice. La douleur, en particulier l'arthrose et les problèmes dentaires, se manifeste bien plus souvent par de l'humeur que par une boiterie visible. Un chien âgé qui se perd dans une pièce connue ou qui réclame la porte puis ne sort pas mérite aussi un avis.

Dans ces cas, l'interprétation comportementale s'arrête et c'est le vétérinaire qui prend le relais, avec un examen complet avant toute conclusion éducative. Noter la date d'apparition, la fréquence et le contexte exact avant la consultation fait gagner un temps précieux au praticien.

Résumer cet article avec :

Partager :