Les animaux domestiques les plus populaires en France
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Il y a plus de poissons que de chats et de chiens réunis dans les foyers français, et pourtant personne ne fait de photo de son néon bleu. Le classement des animaux domestiques les plus répandus en France dit surtout ceci: on compte des animaux, pas des propriétaires, et les deux chiffres racontent des histoires opposées.
Les chiffres, et comment les lire sans se tromper
La source de référence en France est l'enquête FACCO, réalisée avec Kantar auprès d'un échantillon de ménages, publiée tous les deux ans. Ses ordres de grandeur récents: environ 15 millions de chats, un peu plus de 7 millions de chiens, une trentaine de millions de poissons, et près d'un foyer sur deux qui héberge au moins un animal.
Le piège est là. Trente millions de poissons ne veulent pas dire trente millions de familles: un seul aquarium de 60 litres en contient facilement quinze. À l'inverse, un chien correspond presque toujours à un foyer. Si l'on classe par nombre d'animaux, le poisson écrase tout le monde. Si l'on classe par nombre de foyers concernés, le chat passe devant, le chien suit, et le poisson recule loin derrière.
Le chat est passé devant le chien au début des années 2000
On lit parfois que le basculement date de 1996. Les séries FACCO situent le croisement plutôt au début des années 2000, et l'écart n'a cessé de se creuser depuis. La courbe du chat monte, celle du chien s'est tassée puis a légèrement reculé.
Les raisons n'ont rien de mystérieux. Le chat s'accommode d'un appartement et de longues absences, le chien non. Entre alimentation, vaccination annuelle, antiparasitaire et litière, un chat revient autour de 500 à 700 euros par an, nettement moins qu'un chien de taille moyenne, pension de vacances comprise. Et il ne réclame pas de sortie à 7 heures un dimanche de novembre.
Le zoo relève d'un tout autre rapport à l'animal. Le premier panda né en France, parti du ZooParc de Beauval pour la Chine, a fait la une pendant des semaines: personne n'a pour autant songé à en adopter un.
Derrière le trio de tête: rongeurs, lapins, oiseaux
Les petits mammifères, cochons d'Inde, hamsters, lapins, gerbilles, rats domestiques, forment un ensemble d'environ 3 millions d'animaux. On lit régulièrement que 8 % des ménages français possèdent un cochon d'Inde: le chiffre est très largement surévalué. Toutes espèces confondues, les petits mammifères sont présents dans quelques pour cent des foyers seulement, et le cochon d'Inde n'en représente qu'une part.
Deux précisions utiles à qui envisage un cochon d'Inde. Il ne synthétise pas sa vitamine C, exactement comme nous, et une carence provoque des troubles sérieux: son alimentation doit être adaptée, avec du foin à volonté et des apports végétaux quotidiens. Il vit rarement seul sans dépérir, l'adoption par deux est la règle chez les éleveurs sérieux. Enfin, il n'est pas franchement diurne: son activité se concentre à l'aube et au crépuscule, avec des réveils courts toute la journée.
Les oiseaux de cage, perruches et canaris en tête, se comptent en millions d'individus. Ils demandent plus de travail que leur image ne le laisse croire: une volière nettoyée chaque semaine, des heures de vol hors cage, un compagnon de la même espèce pour la plupart des psittacidés. Un gris du Gabon peut vivre cinquante ans, soit un engagement plus long qu'un crédit immobilier.
Choisir en partant de sa semaine, pas de son coup de cœur
Le bon ordre des questions n'est pas « quel animal me plaît » mais « à quoi ressemblent mes lundis ». Combien d'heures le logement reste-t-il vide, qui prend le relais en cas d'hospitalisation, que devient l'animal pendant trois semaines l'été, quel budget vétérinaire reste disponible si une opération à 1 200 euros tombe en janvier.
Adopter un adulte en refuge présente un avantage concret sur un chiot ou un chaton: son caractère est déjà formé, et l'équipe sait s'il supporte les enfants, les autres chats, la solitude. On achète moins de surprise.
Ce que ces chiffres ne disent pas
Les statistiques nationales comptent des présences, pas des conditions de vie. Un hamster dans une cage de 40 centimètres et un hamster dans un bac de 100 litres pèsent le même poids dans l'enquête. Le premier tourne en rond dans un espace six fois trop petit et développe des comportements répétitifs, le second creuse des galeries.
Le poisson rouge est le contre-exemple parfait: réputé facile, il atteint 20 centimètres et vit dix à quinze ans dans un volume correct, alors que le bocal classique le tue en quelques mois. Renseignez-vous avant l'achat, et faites le point avec un vétérinaire dès les premières semaines pour caler l'alimentation et le suivi.
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