Quelques conseils pour surmonter la mort de son chien avec sérénité

Ces êtres, qui partagent nos joies, nos peines, et chaque instant de notre quotidien, laissent un vide immense derrière eux. C'est ce que j'ai ressenti à la perte de Toby le 31/10/2023 alors qu'il n'avait que 10 ans.
Sommaire5 sections
  1. 01Le corps : ce que la loi française autorise
  2. 02Ses affaires : l'inverse de ce qu'on vous conseille souvent
  3. 03Les enfants
  4. 04Le chien qui reste, s'il y en a un
  5. 05Reprendre un chien, ou pas

Les premiers jours après la mort d'un chien sont encombrés de décisions qu'on n'a pas envie de prendre : le corps, les affaires, quoi dire aux enfants. Les régler vite et proprement libère de la place pour le chagrin, qui, lui, prendra le temps qu'il faudra.

Nous avons enterré Toby près de son coin préféré dans le jardin, le 31 octobre 2023. Il avait 10 ans. Nous envisageons une petite plaque à poser sur sa tombe. Cet article est né de ce que nous aurions aimé lire ce jour-là, et qu'on ne trouve nulle part : des réponses concrètes, sans discours sur l'arc-en-ciel.

Le corps : ce que la loi française autorise

Trois possibilités, et elles ne coûtent pas la même chose. L'inhumation dans son propre jardin est légale pour un animal de moins de 40 kg, à condition de creuser à 1,20 m de profondeur au moins, à 35 m minimum de toute habitation et de tout point d'eau, et de recouvrir le corps de chaux vive. Au-delà de 40 kg, elle est interdite.

La crémation collective, proposée par la plupart des cliniques, se situe généralement entre 60 et 150 euros selon le poids, sans restitution des cendres. La crémation individuelle, avec urne rendue, monte souvent de 150 à 400 euros. Dernière option, le cimetière animalier, avec concession payante à la durée.

Pensez aussi à déclarer le décès auprès du fichier national I-CAD, celui de la puce ou du tatouage. Cela prend cinq minutes en ligne et évite de recevoir des rappels de vaccination six mois plus tard.

Ses affaires : l'inverse de ce qu'on vous conseille souvent

On lit partout qu'il faut tout ranger immédiatement. C'est un mauvais conseil servi comme une règle. Les psychologues qui travaillent sur le deuil animalier constatent que les deux réactions se valent : certains ont besoin de faire disparaître la gamelle le soir même, d'autres gardent le panier des semaines et vont mieux ainsi. Le seul vrai risque est de jeter dans la précipitation un objet qu'on regrettera.

Une solution simple : mettez tout dans un carton, fermez-le, laissez-le dans un placard. Vous trierez dans trois mois. Les colliers, les jouets neufs et les sacs de croquettes entamés intéressent les refuges et la SPA, qui les acceptent volontiers ; le collier, gardez-le.

Les enfants

Dites le mot. Mort, mourir. Les formules comme « il est parti » ou « il s'est endormi » fabriquent des peurs durables, notamment autour du coucher, chez les plus jeunes. Un enfant de quatre ans ne comprend pas encore que la mort est définitive et posera plusieurs fois la même question ; répondre calmement chaque fois vaut mieux que de couper court.

Associez-les à ce qui se passe, s'ils le veulent : choisir l'endroit, dessiner, écrire un mot à glisser dans la tombe. Un enfant tenu à l'écart d'une cérémonie l'apprend plus tard et le vit mal. Et n'effacez pas votre propre chagrin devant lui, cela lui apprend surtout à cacher le sien.

Le chien qui reste, s'il y en a un

Un deuxième chien change de comportement après un décès : il cherche l'autre, mange moins, dort davantage, aboie vers la porte. Cela dure généralement de quelques jours à trois semaines. Gardez les repas et les sorties aux mêmes heures, c'est la stabilité qui l'aide. Si l'anorexie dépasse 48 heures ou si l'abattement s'installe au-delà d'un mois, parlez-en au vétérinaire : un chien triste et un chien malade se ressemblent beaucoup de l'extérieur.

Reprendre un chien, ou pas

Il n'y a pas de délai correct. Certains adoptent dans le mois, d'autres jamais, et les deux sont défendables. La seule question qui compte : est-ce que vous cherchez un chien, ou est-ce que vous cherchez le même ? Reprendre la même race, le même pelage, presque le même nom, expose à une déception, parce que le chiot ne fera rien comme le précédent et que vous lui en voudrez sans le dire.

Le bénévolat en refuge est une autre porte, moins engageante. Quelques heures par semaine à promener des chiens qui attendent, cela occupe les mains et remet du poil et du bruit dans une vie qui en manque brutalement. C'est ce que Toby aurait approuvé, lui qui n'a jamais refusé une balade.

La douleur ne disparaît pas, elle s'use. Un an après, on repense à eux sans avoir la gorge serrée, et c'est déjà beaucoup. Toby nous a quittés le 31 octobre 2023, et nous continuons d'en parler au présent la moitié du temps.

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