Connaissez-vous vraiment les chats de votre entourage ? Domestiques, harets ou sylvestres ?

le chat domestique, familier et tendre compagnon de nos foyers, attire tout particulièrement notre affection. Cependant, au-delà de nos maisons douillettes, d'autres types de chats, moins connus, mènent une vie différente : les chats harets, autrefois domestiques et retournés à la vie sauvage, et les chats sylvestres, véritables symboles de la nature indomptée.
Sommaire3 sections
  1. 01Chat domestique, chat errant, chat haret: trois mots pour trois situations
  2. 02Le chat forestier, Felis silvestris silvestris
  3. 03Ce qu'ils partagent

Un chat tigré aperçu en lisière de bois peut être le matou du hameau voisin, un chat sans maître né dehors, ou un chat forestier protégé par la loi. Trois statuts, trois façons de réagir.

La confusion n'est pas qu'une affaire de vocabulaire. Piéger un chat errant pour le faire stériliser est une pratique encadrée et encouragée. Capturer un chat forestier, même de bonne foi, est une infraction: l'espèce est protégée en France depuis 1981. Savoir lequel on a devant soi a donc des conséquences concrètes.

Chat domestique, chat errant, chat haret: trois mots pour trois situations

Le chat domestique (Felis catus) descend du chat sauvage d'Afrique du Nord et du Proche-Orient, Felis silvestris lybica. Les plus anciennes traces d'une relation suivie avec l'homme remontent à environ 9 500 ans: une sépulture de Chypre, à Shillourokambos, a livré un chat enterré auprès d'un humain, sur une île où l'espèce n'existait pas naturellement. Quelqu'un l'y avait donc emmené.

Le chat errant, lui, reste un Felis catus. Il vit dehors, souvent en colonie près d'une ferme, d'un port ou d'un immeuble, il tolère la présence humaine et accepte parfois d'être nourri. Il a pu avoir un propriétaire, ou naître dans la colonie.

Le chat haret est un cran plus loin: né et vieilli hors de tout contact humain, sur plusieurs générations, il fuit l'homme et ne dépend que de sa chasse. Physiquement, il ressemble toujours à un chat de gouttière. Génétiquement, c'est un chat domestique. Seul son comportement a changé.

Chat domestique tigré assis sur un rebord, regardant vers l'extérieur

Ce qui les sépare vraiment

  • Le domestique: 23 à 30 cm au garrot, 3 à 5 kg en moyenne, jusqu'à 7 ou 8 kg chez les grands mâles et les races lourdes. Robes de toutes couleurs et de tous motifs. Maturité sexuelle vers 5 ou 6 mois, chaleurs de fin d'hiver à l'automne, deux à trois portées par an sans stérilisation.
  • Le haret: même gabarit, souvent plus sec et plus musclé, pelage plus terne. Il ne ronronne pas face à un humain et ne se laisse pas approcher à moins de quelques mètres. Taux de reproduction élevé, mortalité des chatons lourde.
  • Le sylvestre: silhouette plus massive, 4 à 6 kg, parfois 7 chez le mâle en hiver, et une tête nettement plus large.

Le chat forestier, Felis silvestris silvestris

Le chat forestier, appelé aussi chat sylvestre ou chat sauvage d'Europe, n'est pas un chat domestique redevenu sauvage. C'est une espèce européenne à part entière, qui n'a jamais été domestiquée. En France, il occupe le quart nord-est, du massif vosgien aux Ardennes en passant par la Lorraine, la Bourgogne et le Jura, avec une population distincte dans les Pyrénées. Les suivis des vingt dernières années montrent une progression vers l'ouest et le centre du pays.

Chat forestier au pelage gris ocre, queue épaisse annelée, dans un sous-bois

Ces critères se prennent ensemble, jamais isolément. Un chat de gouttière tigré peut cocher deux cases sur cinq sans être forestier pour autant. Et l'hybridation entre les deux, bien réelle dans les zones où les villages bordent la forêt, brouille les signes visibles: un hybride de deuxième génération est souvent impossible à trancher à l'oeil. Seule l'analyse génétique donne une réponse ferme, à partir d'un poil ou d'un prélèvement.

Un animal qu'on ne voit presque jamais

Le chat forestier chasse surtout au crépuscule et à l'aube, principalement des campagnols et des mulots, avec des oiseaux et des lagomorphes en appoint. Il ne vit pas dans un terrier fixe mais alterne les gîtes: souches creuses, tas de bois, anciens terriers de blaireau. Les femelles mettent bas une seule portée par an, deux à quatre chatons au printemps, après une gestation de l'ordre de deux mois. Il ronronne comme n'importe quel félin, simplement il ne le fait pas pour nous.

Ce qu'ils partagent

Tous trois sont des carnivores stricts, territoriaux, actifs surtout de nuit, et incapables de tirer leur énergie des glucides comme le ferait un chien. Tous trois chassent, y compris le chat de canapé nourri quatre fois par jour. La différence est ailleurs: dans le rapport à l'homme, dans le statut juridique, et dans le fait qu'une des trois populations, la forestière, est menacée par les deux autres à travers l'hybridation et les maladies. C'est une raison suffisante pour stériliser les chats des villages qui bordent les grands massifs.

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