Cap sur l'Océanie : Découvrez cinq animaux emblématiques aux caractéristiques étonnantes

Le diable de Tasmanie est le plus grand carnivore marsupial vivant. Il est connu pour son rugissement féroce qui est disproportionné par rapport à sa taille. Malgré leur apparence effrayante et leur rugissement féroce, les diables de Tasmanie sont principalement des charognards qui nettoient l'environnement en mangeant les carcasses d'animaux morts.
Sommaire5 sections
  1. 01Kangourou roux : l'espèce qui n'a pas de problème
  2. 02Diable de Tasmanie : un cancer qui se transmet par morsure
  3. 03Koala : la poche à feuilles n'existe pas
  4. 04Renard volant : la chaleur les fait tomber des arbres
  5. 05Numbat : deux mille survivants et vingt mille termites par jour

Un cancer contagieux pour le diable de Tasmanie, des vagues de chaleur pour le renard volant, des renards et des chats pour le numbat : ces cinq animaux d'Océanie sont menacés par cinq mécanismes différents, et confondre ces mécanismes revient à se tromper de solution.

Le kangourou roux, lui, se porte très bien, au point d'être régulièrement régulé. Commencer par lui donne l'échelle de l'écart entre les cinq situations.

Kangourou roux : l'espèce qui n'a pas de problème

  • Longueur : 1 à 1,6 mètre, plus une queue de 1 mètre
  • Poids : 25 à 85 kg
  • Longévité : jusqu'à 23 ans dans la nature
  • Gestation : environ 33 jours

Kangourou roux dressé sur ses pattes arrière, queue posée au sol

Macropus rufus est le plus grand marsupial vivant. Il occupe l'intérieur aride de l'Australie, évitant les côtes fertiles et les forêts tropicales du nord. Un mâle poursuivi franchit 9 mètres d'un bond et tient 50 km/h sur une courte distance, avec un rendement énergétique qui s'améliore quand il accélère : les tendons de ses pattes arrière stockent et restituent l'énergie comme des ressorts.

Au pas, il marche à cinq pattes. La queue, épaisse et musclée, prend appui au sol et pousse le corps vers l'avant pendant que les quatre membres avancent. Des mesures publiées en 2014 montrent qu'elle fournit alors autant de propulsion que les deux jambes réunies.

Sa reproduction est calée sur la pluie. La femelle peut porter en même temps un jeune sorti de la poche, un petit accroché à une tétine et un embryon en pause dans l'utérus, la diapause embryonnaire. Quand l'herbe repousse après une sécheresse, la population repart en quelques mois. Les effectifs nationaux oscillent entre 25 et 50 millions d'individus selon les années.

Diable de Tasmanie : un cancer qui se transmet par morsure

  • Longueur : 50 à 80 cm, plus une queue de 25 à 30 cm
  • Poids : 6 à 8 kg, jusqu'à 12 kg pour un gros mâle
  • Longévité : 5 à 6 ans dans la nature
  • Gestation : environ 21 jours

Diable de Tasmanie au pelage noir, gueule ouverte sur ses dents

C'est le plus grand carnivore marsupial encore vivant depuis la disparition du thylacine, en 1936. Sa mâchoire exerce l'une des pressions les plus fortes rapportées au poids parmi les mammifères : il broie les os, le cuir et les cartilages, et une carcasse de wallaby disparaît intégralement en une nuit. Il chasse peu et nettoie beaucoup, ce qui limite la prolifération des mouches et des maladies dans le bush tasmanien.

Le cri qui lui vaut son nom sert dans les disputes autour des carcasses. Ces disputes sont précisément le problème : la tumeur faciale transmissible, repérée en 1996, se propage par les morsures au museau. Les cellules cancéreuses passent d'un animal à l'autre comme un parasite, ce qui n'est connu que dans trois cas au monde. La maladie a fait chuter la population de plus de 80 %, et un individu infecté meurt en six mois environ, souvent de faim, la tumeur l'empêchant de manger.

Des populations indemnes ont été installées sur l'île Maria et sur le continent, et des travaux récents observent une évolution génétique rapide chez les survivants ainsi que des tumeurs régressant spontanément. Rien n'est joué.

Koala : la poche à feuilles n'existe pas

  • Longueur : 60 à 85 cm
  • Poids : 4 à 6 kg dans le Queensland, jusqu'à 15 kg dans le Victoria
  • Longévité : jusqu'à 15 ans dans la nature
  • Gestation : environ 35 jours

Koala accroché à une fourche d'eucalyptus, les yeux mi-clos

On lit régulièrement que le koala stocke des feuilles d'eucalyptus dans des abajoues, pour plus tard. C'est faux : le koala n'a pas d'abajoues. La confusion vient probablement des hamsters et de certains singes, qui en ont. Son organe remarquable est ailleurs, dans un caecum de 1,5 à 2 mètres, le plus long connu proportionnellement chez un mammifère, où des bactéries dégradent les tanins et les composés phénoliques de l'eucalyptus.

Ce régime rapporte peu. Un koala mange 500 à 800 g de feuilles par jour et dort 18 à 22 heures, non par paresse mais par économie. Il ne sélectionne qu'une trentaine d'espèces d'eucalyptus sur plus de 700, et change de préférence selon la région, ce qui rend les replantations inutiles quand on se trompe d'essence.

Ses menaces se cumulent : défrichement urbain, collisions routières, attaques de chiens, et une infection à chlamydia qui provoque cécité et stérilité dans de nombreuses populations. Les incendies de 2019-2020 ont brûlé plusieurs millions d'hectares d'habitat en une saison.

Renard volant : la chaleur les fait tomber des arbres

  • Longueur : corps de 23 à 29 cm, envergure jusqu'à 1 mètre
  • Poids : 600 à 1 000 g
  • Longévité : jusqu'à 15 ans dans la nature
  • Gestation : environ 27 semaines

Renard volant suspendu tête en bas à une branche, ailes repliées

Les renards volants sont des chauves-souris frugivores du genre Pteropus. Contrairement aux chauves-souris insectivores, elles n'utilisent pas l'écholocation : de grands yeux adaptés à la vision nocturne et un odorat fin suffisent à repérer les figues et les fleurs d'eucalyptus. Une colonie peut parcourir 50 km dans la nuit et disperser des graines bien au-delà de ce qu'atteint n'importe quel oiseau australien. Sur les eucalyptus à floraison nocturne, elles sont les principales pollinisatrices.

Leur point faible est thermique. Au-delà de 42 degrés, les colonies décrochent des branches en masse. Le 26 novembre 2018, dans le nord du Queensland, une seule journée de canicule a tué près d'un tiers de la population de renards volants à lunettes, soit plus de 23 000 animaux. Des épisodes comparables ont frappé les colonies de renards volants à tête grise en Nouvelle-Galles du Sud.

Numbat : deux mille survivants et vingt mille termites par jour

  • Longueur : 20 à 29 cm, plus une queue de 15 à 20 cm
  • Poids : 280 à 700 g
  • Longévité : jusqu'à 6 ans dans la nature
  • Gestation : environ 14 jours

Numbat au pelage roux rayé de blanc, dressé sur ses pattes avant

Le numbat est le seul marsupial australien strictement diurne, et ce n'est pas un choix esthétique : il mange exclusivement des termites, actifs en journée. Il en avale environ 20 000 par jour, repérés à l'odorat sous quelques centimètres de terre et cueillis avec une langue de 10 cm. Ses dents sont vestigiales, il ne mâche pas.

Cette vie diurne le rend visible pour les rapaces, et son absence de terrier profond le laisse à découvert. Le renard roux et le chat haret, introduits, ont fait le reste : l'espèce occupait la moitié du continent, elle survit aujourd'hui dans deux forêts de l'ouest australien, Dryandra et Perup, plus quelques enclos clôturés. Il reste moins de 2 000 adultes.

Ce qui ressort de ces cinq trajectoires, c'est qu'aucune ne se traite avec le même outil. Les clôtures anti-prédateurs sauvent le numbat et ne servent à rien contre une canicule. La quarantaine sanitaire protège les diables et ne remplace pas un eucalyptus. Le seul dénominateur commun reste la surface d'habitat, et elle continue de reculer.

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