Découvrez les symboles animaliers traditionnels de Noël dans d'autres pays du monde

découvrez les symboles animaliers traditionnels de noël dans d'autres pays du monde - des rennes en suède aux chèvres en espagne, explorez ces traditions festives uniques.
Sommaire4 sections
  1. 01Le coq hispanique, et une messe qui n'est pas à l'aube
  2. 02Le Julbock suédois, distributeur de cadeaux avant le Père Noël
  3. 03Le troglodyte irlandais, et une légende racontée à l'envers
  4. 04La carpe du réveillon, du vivier à la baignoire

Un coq, un bouc de paille, un poisson vivant dans une baignoire, une araignée dans le sapin : les animaux de Noël sortent presque tous du calendrier agricole et des règles de jeûne, fossilisés dans des fêtes que l'on célèbre encore sans savoir d'où elles viennent.

Le renne du traîneau, figure récente et largement commerciale, a recouvert tout le reste en une poignée de décennies. Derrière lui subsistent des bêtes bien plus anciennes, chacune attachée à une date précise et à un geste précis.

Le coq hispanique, et une messe qui n'est pas à l'aube

Bouc de Yule en paille tressée et rubans rouges, posé devant un sapin décoré

En Espagne et dans une grande partie de l'Amérique latine, la Misa de Gallo, la messe du coq, se célèbre dans la nuit du 24 au 25 décembre, à minuit. Le nom vient de la légende selon laquelle un coq aurait chanté au moment de la naissance du Christ, à une heure où il n'aurait pas dû chanter. Une version de cet article affirmait que cette messe se tient à l'aube : c'est une confusion avec le Simbang Gabi philippin, une neuvaine de messes matinales du 16 au 24 décembre, héritée de la colonisation espagnole et adaptée aux horaires des paysans qui partaient tôt aux champs.

Le coq garde la même fonction dans les deux cas. Il marque la bascule de la nuit vers le jour, au moment de l'année où les nuits sont les plus longues. C'est le point commun de presque tous les animaux de cette liste.

Le Julbock suédois, distributeur de cadeaux avant le Père Noël

Le bouc de Yule, julbock en suédois, se tresse avec la paille de la dernière gerbe moissonnée. Le lien avec l'agriculture est direct : on garde un peu de la récolte de l'année pour assurer celle de l'année suivante. La figure remonte aux traditions nordiques préchrétiennes, où le bouc est l'animal de Thor, attelé à son char.

Au XIXe siècle, en Suède, c'est le bouc qui apportait les cadeaux, avant d'être détrôné par le Jultomte, lutin domestique réhabillé en Père Noël au tournant du XXe siècle. Le bouc a survécu sous forme d'ornement de table, de décoration IKEA et surtout du géant de Gävle, un bouc de paille de treize mètres monté chaque année depuis 1966 sur la place du château. Il a brûlé plus d'une trentaine de fois, presque toujours par incendie criminel, et la ville a fini par en faire une attraction en soi.

Le troglodyte irlandais, et une légende racontée à l'envers

Le 26 décembre, jour de la Saint-Étienne, l'Irlande célèbre le Lá an Dreoilín, le jour du roitelet. Des groupes costumés de paille, les wrenboys, parcourent les villages avec un faux oiseau fixé au sommet d'une perche enrubannée, en musique, pour collecter de l'argent reversé aujourd'hui à des associations.

La légende dit exactement l'inverse de ce qu'on lit souvent. Le troglodyte n'a pas alerté les Irlandais : il les a trahis. Selon la version la plus répandue, l'oiseau aurait battu des ailes sur un tambour, ou fait du bruit dans les fourrés, réveillant les soldats ennemis, vikings ou cromwelliens selon les récits, et faisant échouer une attaque irlandaise nocturne. Une autre version chrétienne lui fait dénoncer saint Étienne caché dans un buisson. D'où la chasse symbolique, et non un hommage. La distinction compte, parce qu'elle explique pourquoi la tradition a été contestée : jusqu'au milieu du XXe siècle, l'oiseau chassé était bien réel. Il est aujourd'hui remplacé par une effigie.

La carpe du réveillon, du vivier à la baignoire

En Pologne, en République tchèque, en Slovaquie et en Hongrie, la carpe frite tient la place centrale du repas du 24 décembre. L'origine est le jeûne : le réveillon de Noël, la Wigilia polonaise ou le Štědrý den tchèque, se prend traditionnellement sans aucune viande, et le poisson d'élevage en étang était la protéine disponible en décembre dans des régions sans littoral. Ce n'est pas une abstinence de viande rouge pendant tout l'Avent, comme on le lit parfois, mais une règle qui porte sur ce soir-là.

La carpe s'achète vivante sur les marchés, dans des bassines installées sur les trottoirs, et finit effectivement quelques jours dans la baignoire familiale. La coutume veut qu'on glisse une écaille dans son portefeuille pour l'année à venir. Elle est de plus en plus discutée chez nos voisins : associations et vétérinaires tchèques et polonais critiquent le transport et la mise à mort à domicile, et une partie des familles achète désormais le poisson déjà préparé. Si l'idée de ramener une carpe vivante vous traverse, sachez qu'un poisson d'eau douce ne survit pas longtemps dans une baignoire chlorée : c'est une tradition à regarder, pas à imiter.

Reste une question rarement posée : ces symboles viennent presque tous de sociétés paysannes qui vivaient avec leurs bêtes et dépendaient d'elles pour passer l'hiver. La paille de la dernière gerbe, le poisson de l'étang gelé, le coq qui donne l'heure, l'araignée du grenier. Le renne en plastique lumineux du jardin d'en face, lui, ne raconte rien de tel.

Résumer cet article avec :

Partager :