Découvrez les vertus des vermifuges naturels pour la santé de vos animaux de compagnie

découvrez les bienfaits des vermifuges naturels pour la santé de vos animaux de compagnie et apprenez à les protéger de manière naturelle.
Sommaire5 sections
  1. 01Ce que le mot vermifuge recouvre vraiment
  2. 02Les vers qui concernent vraiment un chien ou un chat français
  3. 03Ce qui reste utile dans l'approche naturelle
  4. 04À quel rythme traiter
  5. 05Quand ce n'est plus une question de vermifuge

Aucune plante, aucune graine et aucune huile ne vide l'intestin d'un chien ou d'un chat de ses vers. Les produits vendus comme vermifuges naturels sont au mieux des compléments de confort, et deux d'entre eux (l'ail et les huiles essentielles) envoient chaque année des animaux en consultation d'urgence. Voici ce que ces préparations font réellement, et ce qui marche à la place.

Ce que le mot vermifuge recouvre vraiment

Chien et chat allongés côte à côte près d'un bol et de plantes séchées

Un vermifuge, au sens pharmacologique, est un antiparasitaire interne : une molécule qui tue ou paralyse le ver, lequel est ensuite évacué dans les selles. Les familles utilisées en médecine vétérinaire (benzimidazoles, pyrantel, praziquantel, milbémycine) ont été testées sur des animaux réellement infestés, avec comptage des œufs avant et après. On sait combien de vers elles éliminent, et lesquels.

Les préparations dites naturelles n'ont pas ce dossier. Graines de courge, papaye, terre de diatomée, extrait de pépins de pamplemousse, vinaigre de cidre : ce sont des traditions, parfois anciennes, parfois recopiées d'un forum à l'autre. La graine de courge contient bien de la cucurbitacine, dont l'effet paralysant sur certains vers a été décrit en laboratoire, mais les quantités nécessaires chez un chien de 20 kg sont telles qu'on n'arrive pas à les lui faire avaler. La terre de diatomée agit par abrasion sur des insectes à carapace, dans un milieu sec ; dans un intestin, qui est humide par définition, ce mécanisme ne fonctionne plus.

Le texte que circule souvent sur ces pages recommandait un mélange d'huiles essentielles de cannelle, camomille, clou de girofle et origan à raison de 5 ml par kilo pendant plusieurs jours. Cette dose est absurde et dangereuse : elle reviendrait à faire boire 100 ml d'huiles essentielles pures à un chien de 20 kg, soit une intoxication massive du foie et des muqueuses digestives. Aucune posologie d'huile essentielle par voie orale ne doit être appliquée à un animal sans prescription d'un vétérinaire formé en phytothérapie. Si vous avez lu cette recommandation quelque part, oubliez-la.

Les vers qui concernent vraiment un chien ou un chat français

Quatre groupes dominent. Les ascaris (Toxocara canis chez le chien, Toxocara cati chez le chat) sont les plus fréquents, transmis par le lait maternel ou par le sol. Les ankylostomes se fixent à la paroi intestinale et font saigner. Les trichures touchent surtout les chiens vivant dehors. Enfin le ténia Dipylidium caninum, le plus visible pour un propriétaire, arrive par les puces : l'animal avale une puce en se mordillant, et le ver se développe. Ce sont ces grains blancs mobiles, de la taille d'un grain de riz, qu'on retrouve près de l'anus ou sur le couchage.

Ce qui reste utile dans l'approche naturelle

Tout n'est pas à jeter, à condition de ne pas confondre les rôles. Contre le ténia, la meilleure arme n'est pas un vermifuge mais un antipuce : coupez le cycle de la puce et vous coupez celui du ver. C'est de la prévention, et elle fonctionne. De même, ramasser les crottes tous les jours dans le jardin, laver le couchage à 60 degrés, nettoyer les gamelles : ces gestes réduisent la recontamination bien plus efficacement que n'importe quelle infusion.

Chez les herbivores et les volailles, la situation est un peu différente. Les éleveurs de poules utilisent la terre de diatomée dans la litière et les bains de poussière, où elle agit contre les poux rouges, qui sont des parasites externes vivant dans un milieu sec. Là, le mécanisme tient. L'appliquer en poudre suppose de protéger ses voies respiratoires et celles des animaux, car la silice irrite les poumons. Cela ne dit toujours rien de son action sur un ver intestinal.

À quel rythme traiter

Le calendrier calé sur les équinoxes et les solstices, souvent repris sur les blogs, n'a aucun fondement biologique : les vers ne consultent pas le ciel. Les recommandations européennes de l'ESCCAP raisonnent par niveau de risque. Un chiot ou un chaton se vermifuge toutes les deux semaines à partir de la deuxième semaine de vie jusqu'au sevrage, puis tous les mois jusqu'à six mois. Un adulte d'intérieur strict, sans chasse ni contact avec d'autres animaux, peut descendre à une ou deux fois par an. Un chien qui va au parc, un chat qui chasse les mulots ou un foyer avec un enfant en bas âge justifient quatre traitements annuels.

Quand ce n'est plus une question de vermifuge

Certains signes demandent un rendez-vous et pas une décoction. Un ventre ballonné chez un chiot maigre, une diarrhée qui dure plus de deux jours, du sang ou du mucus dans les selles, des vomissements répétés, une perte de poids malgré un bon appétit, des gencives pâles : tout cela peut relever d'une infestation lourde, mais aussi d'autre chose. Le vétérinaire fera la part des choses, et c'est lui qui choisit la molécule et la dose en fonction du poids, de l'âge et de l'espèce.

Mon avis, sur ce sujet précis : il n'y a pas de version douce du vermifugeage. Un antiparasitaire correctement prescrit est très bien toléré, il agit en une prise et on n'en reparle pas avant trois mois. Les protocoles naturels donnent le sentiment d'avoir fait quelque chose, laissent l'animal porteur, et exposent l'entourage. Gardez l'esprit naturel pour l'alimentation et l'hygiène du couchage, où il a du sens.

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