La capacité de voler est-elle partagée par tous les oiseaux ?

découvrez si la capacité de voler est universelle chez les oiseaux dans cet article fascinant sur la biologie aviaire.
Sommaire4 sections
  1. 01Ce que coûte une paire d'ailes
  2. 02Les champions du sol
  3. 03Le manchot vole, mais dans l'eau
  4. 04Entre les deux, tous les intermédiaires

Voler coûte cher en énergie, et l'évolution abandonne sans état d'âme ce qui ne sert plus : une soixantaine d'espèces d'oiseaux actuelles ne décollent pas du sol.

C'est presque toujours pour cette raison de coût, et pas par une infirmité quelconque.

La réponse tient en une ligne : non, tous les oiseaux ne volent pas. Ce qui est intéressant vient après. Les espèces au sol ne sont pas des ratés du vol, ce sont des descendantes d'oiseaux volants qui ont cessé d'entretenir un équipement devenu inutile. Muscles pectoraux, os creux, plumes de vol : tout cela se paie en nourriture chaque jour de la vie de l'animal.

Ce que coûte une paire d'ailes

Chez un oiseau volant, les muscles qui actionnent les ailes représentent souvent 15 à 25 % de la masse corporelle. Ils s'ancrent sur le bréchet, cette quille osseuse qui saille sous le sternum. Entretenir cette machinerie suppose de manger en conséquence. Sur une île sans prédateur terrestre, l'oiseau qui économise ce poste vit aussi bien que les autres, pond autant, et transmet ses gènes. En quelques milliers de générations, la lignée ne vole plus.

Les champions du sol

Une autruche en train de courir dans la savane, cou tendu vers l'avant

L'autruche a investi ailleurs : deux doigts seulement à chaque pied, des tendons qui restituent l'énergie comme des ressorts, et des pointes mesurées autour de 70 km/h sur de courtes distances, avec une vitesse de croisière de l'ordre de 50 km/h maintenue plusieurs minutes. Ses ailes lui servent de gouvernail dans les virages et d'écran pour couver. Le kiwi de Nouvelle-Zélande a suivi un autre chemin : ailes réduites à des moignons, plumes évoquant des poils, narines à l'extrémité du bec pour flairer les vers sous terre.

Le manchot vole, mais dans l'eau

Un manchot empereur file sous l'eau, ailes plaquées en nageoires

Les manchots, eux, ont gardé le bréchet et le battement d'aile : ils l'appliquent à un fluide 800 fois plus dense que l'air. Leurs ailes sont devenues des palettes rigides, leurs os se sont alourdis au lieu de s'alléger, ce qui réduit l'effort pour rester en profondeur. Le manchot empereur descend couramment au-delà de 200 mètres et le record documenté dépasse 550 mètres, pour des apnées qui peuvent approcher les vingt minutes.

Ne les cherchez pas au pôle Nord : les manchots vivent tous dans l'hémisphère sud, à l'exception du manchot des Galapagos qui franchit d'un cheveu l'équateur. Le nom de pingouin, en français, désigne un tout autre oiseau : le petit pingouin de l'Atlantique nord, qui vole parfaitement.

Entre les deux, tous les intermédiaires

Le vol n'est pas un interrupteur. Le grand cormoran aptère des Galapagos conserve des ailes trop courtes pour le porter. Le râle de Guam a perdu le vol en quelques milliers d'années. À l'autre bout, le martinet noir passe dix mois d'affilée sans se poser. Entre ces extrêmes, la poule, le paon ou le faisan volent mal et peu, sur cinquante mètres et quelques secondes, ce qui suffit à leur faire gagner une branche.

Se demander si tous les oiseaux volent, au fond, revient à chercher une définition du groupe dans une capacité qui n'en fait pas partie. Ce qui définit un oiseau, ce sont les plumes, le bec corné et l'oeuf à coquille dure. Le vol n'est qu'un usage parmi d'autres de ces plumes.

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