Les animaux les plus dangereux pour l'homme

Moustique
Sommaire6 sections
  1. 01Le moustique, et une confusion qui traîne partout
  2. 02Le lion n'est pas le grand fauve le plus meurtrier
  3. 03Le serpent, premier animal venimeux en nombre de victimes
  4. 04L'éléphant, un danger de proximité mal évalué
  5. 05Les gestes qui réduisent vraiment le risque
  6. 06Ce que la peur nous fait mal évaluer

L'animal qui tue le plus d'êtres humains chaque année pèse deux milligrammes et ne mesure pas un centimètre. Le moustique fait plusieurs centaines de milliers de morts par an, quand le lion en fait quelques dizaines: le danger animal réel n'a presque aucun rapport avec la peur qu'il inspire.

Le moustique, et une confusion qui traîne partout

Ce n'est pas la piqûre qui tue, c'est ce que l'insecte transporte. Les femelles de plusieurs genres véhiculent le paludisme, la dengue, le chikungunya, le Zika, la fièvre jaune et l'encéphalite japonaise, selon les espèces et les régions.

Un point mérite d'être corrigé, parce qu'il figure dans quantité d'articles: malaria et paludisme désignent exactement la même maladie. « Malaria » est le terme anglais et italien, « paludisme » le terme français. Les citer côte à côte comme deux affections distinctes est une erreur de traduction devenue virale.

Le lion n'est pas le grand fauve le plus meurtrier

Le lion tue chaque année quelques dizaines à quelques centaines de personnes en Afrique, presque toujours dans les zones où bétail et habitat empiètent sur son territoire. C'est réel, et c'est très loin des chiffres de l'hippopotame ou du crocodile du Nil, qui font régulièrement plus de victimes, ni des éléphants, responsables de plusieurs centaines de morts par an en Inde et en Afrique.

La règle de conduite face à un grand félin tient en trois gestes. Ne pas courir, parce que la fuite déclenche la poursuite. Ne pas tourner le dos. Reculer lentement en restant face à l'animal, en se faisant grand, bras levés, en parlant fort et bas. Ces consignes valent pour le lion comme pour le puma; elles diffèrent pour l'ours, ce qui montre bien qu'il n'existe pas de réflexe universel.

Le serpent, premier animal venimeux en nombre de victimes

L'Organisation mondiale de la santé estime les morsures de serpent à 1,8 à 2,7 millions d'envenimations par an, pour 81 000 à 138 000 décès, et trois fois plus d'amputations et de séquelles définitives. L'Afrique subsaharienne, l'Asie du Sud et l'Amérique latine rurale concentrent la quasi-totalité des cas. Le sérum antivenimeux existe mais manque là où il servirait le plus.

Un mot sur une formulation répandue: les serpents ne sont pas des « prédateurs de l'homme ». Aucune espèce ne nous chasse. La quasi-totalité des morsures sont défensives, chez quelqu'un qui a marché à côté de l'animal, mis la main dans un tas de bois ou tenté de le déplacer. Le cobra, le mamba et le taïpan mordent quand ils se sentent acculés.

En pratique, dans une zone à serpents: chaussures montantes et pantalon long, lampe frontale la nuit, bâton pour sonder l'herbe haute, et jamais la main nue sous une pierre ou dans une souche. En cas de morsure, immobiliser le membre, retirer bagues et montre, et rejoindre un centre médical. Le garrot, l'incision et l'aspiration aggravent la situation.

L'éléphant, un danger de proximité mal évalué

Un mâle africain adulte atteint six tonnes et charge à une quarantaine de kilomètres par heure sur courte distance. Il n'attaque pas par agressivité gratuite: les incidents surviennent près des cultures, autour d'un point d'eau, quand une femelle a un petit, ou chez un mâle en musth, cette période de forte imprégnation hormonale où le comportement devient imprévisible. Les oreilles largement déployées et la trompe relevée signalent un animal qui évalue; les oreilles plaquées et la tête baissée signalent une charge réelle.

La distance de sécurité recommandée dans les parcs est de l'ordre de cinquante mètres, en véhicule, moteur en marche. À pied, sans guide armé, il n'y a pas de bonne distance.

Les gestes qui réduisent vraiment le risque

  • Se couvrir bras et jambes du coucher au lever du soleil dans les zones à paludisme, période d'activité des anophèles. Contre la dengue et le chikungunya, le moustique tigre pique surtout le jour: la protection est alors permanente.
  • Ne rien poser à même le sol dans une zone à scorpions, et secouer chaussures et vêtements avant de les enfiler.
  • Emporter de quoi désinfecter et couvrir une plaie, plus les coordonnées d'un centre médical repérées à l'avance sur l'itinéraire.
  • Ne jamais nourrir ni toucher un animal sauvage, singe et renard compris: c'est la principale voie de contamination par la rage chez le voyageur.
  • Après toute morsure ou griffure de mammifère en zone d'enzootie rabique, consulter le jour même. La vaccination post-exposition n'a de sens que si elle est démarrée tôt.

Ce que la peur nous fait mal évaluer

Le requin est l'exemple typique. Il provoque une dizaine de décès par an dans le monde, contre plusieurs centaines de milliers pour le moustique, mais il occupe une place sans commune mesure dans l'imaginaire. Le chien, lui, figure dans le haut du classement mondial: pas parce qu'il attaque, mais parce qu'il transmet la rage, responsable d'environ 59 000 morts par an selon l'OMS, presque toutes en Asie et en Afrique, et pour moitié chez des enfants.

La conclusion pratique est simple, même si elle manque de panache: le répulsif, la moustiquaire et une consultation avant le départ protègent plus efficacement que toutes les précautions imaginées contre les grands prédateurs.

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