Les chats ont-ils un goût musical ? La réponse va vous étonner !

Les chats ont-ils un goût musical ? La réponse va vous étonner !
Sommaire4 sections
  1. 01Une oreille qui n'écoute pas la même chose que la vôtre
  2. 02Ce qu'a montré l'expérience de 2015
  3. 03Ce qui le détend, ce qui l'agresse
  4. 04Les cas où ça sert vraiment

Non, votre chat n'a pas de goût musical. Il ne préfère ni Mozart ni le jazz, et aucune étude n'a montré qu'une sonate le détendait. Ce qui marche, en revanche, existe : de la musique composée dans sa gamme vocale à lui, et deux travaux publiés le mesurent.

La question revient tous les étés, sur le même ton attendri, avec la même conclusion vague sur les mélodies douces. Autant regarder ce que dit vraiment la recherche, parce que la réponse est plus intéressante que la légende, et qu'elle change ce que vous mettez dans la pièce quand le chat est stressé.

Une oreille qui n'écoute pas la même chose que la vôtre

Le chat entend de 48 Hz à environ 85 kHz, soit plus de dix octaves. Nous plafonnons vers 20 kHz, et beaucoup d'adultes bien avant. Cet écart de plus de deux octaves dans les aigus n'est pas un détail de fiche technique : il veut dire qu'une bonne partie de ce que perçoit votre chat vous est inaccessible, à commencer par les cris ultrasoniques des souriceaux, qu'une chatte repère à travers un mur.

Le pavillon de l'oreille compte une trentaine de muscles et pivote sur presque 180 degrés, indépendamment de l'autre. Un chat localise la source d'un son avec une précision de l'ordre de cinq degrés, dans le noir complet, en moins d'une seconde. C'est ce matériel qui fait le chasseur nocturne, et c'est aussi lui qui explique pourquoi il sursaute quand vous posez une casserole trois pièces plus loin.

Ce qu'a montré l'expérience de 2015

Charles Snowdon, David Teie et Megan Savage ont publié en 2015 dans Applied Animal Behaviour Science un travail sur 47 chats domestiques. Ils ont diffusé deux morceaux classiques joués par des humains, un extrait de Bach et une pièce de Fauré, puis deux morceaux composés par Teie spécialement pour l'espèce féline : des sons calés sur la gamme vocale du chat, deux octaves au dessus de la voix humaine, avec des pulsations reprenant le rythme du ronronnement et celui de la tétée.

Résultat : indifférence complète au classique. Les chats ne se sont pas approchés des enceintes, n'ont pas modifié leur comportement, n'ont montré aucune préférence. Face aux morceaux félins, ils se sont orientés vers la source, se sont frottés contre l'enceinte, et ont réagi plus vite. Les jeunes et les vieux chats ont réagi le plus fort, ceux d'âge moyen le moins.

La conclusion honnête tient en une phrase : le chat n'aime pas notre musique, il répond à des sons construits comme les siens. Rien à voir avec un goût. Ce que nous appelons mélodie n'a pour lui aucune structure familière, tandis qu'un glissando dans sa tessiture ressemble à quelque chose qu'il connaît.

Ce qui le détend, ce qui l'agresse

Les sons graves et continus, proches d'un ronronnement, sont ceux qui l'apaisent le plus souvent. Les bruits brefs et forts font l'inverse : porte qui claque, aspirateur, coup de tonnerre, alarme. Un chat qui s'aplatit, dont les oreilles se couchent vers l'arrière, dont les pupilles se dilatent, vous dit exactement ce qu'il pense du niveau sonore de votre pièce.

Il y a un cas moins connu qui mérite d'être signalé, parce que des propriétaires le prennent pour un caprice. Chez certains chats âgés, des sons aigus très précis (froissement de papier aluminium, cliquetis de clés, tintement d'une cuillère sur une assiette) déclenchent des crises convulsives. Le phénomène a été décrit en 2015 par une équipe britannique et porte un nom, les crises réflexes audiogènes félines. Si votre chat se fige, tressaille ou convulse de façon répétée à l'écoute d'un bruit métallique fin, ce n'est pas de la comédie : notez le bruit déclencheur, filmez si vous pouvez, et parlez en à votre vétérinaire. C'est lui qui pose le diagnostic et décide de la suite.

Les cas où ça sert vraiment

Le transport, la salle d'attente du vétérinaire, une nuit de feu d'artifice, l'arrivée d'un bébé, des travaux dans l'immeuble. Ce sont les moments où un fond sonore stable a une utilité, moins par sa beauté que parce qu'il masque les bruits imprévisibles. Pensez y aussi quand vous préparez un voyage avec votre chat et sa caisse, où quelques heures d'habituation à un son familier valent mieux qu'une improvisation le jour du départ.

Le retour de vacances est l'autre grand classique des maisons agitées, et le chat qui vous ignore pendant trois jours a ses raisons, qu'on détaille dans cet article sur le chat qui boude après une absence. La musique n'y fera rien toute seule. Elle accompagne un environnement stable : mêmes horaires, mêmes odeurs, litière au même endroit.

Reste que la musique est une béquille, pas un traitement. Un chat anxieux au quotidien a d'abord besoin de perchoirs en hauteur, de cachettes, d'une litière qu'on ne déplace pas et de repas à heure fixe. Les races n'y changent pas grand chose, même si les propriétaires de chartreux, dont l'histoire et le caractère sont détaillés ici, décrivent souvent un animal peu réactif au bruit. On retrouve la question dans les dix questions que les propriétaires posent le plus souvent, et la réponse ne change pas : le silence relatif reste ce que le chat préfère.

Vous pouvez donc mettre du Mozart chez vous. Faites le pour vous, pas pour lui, et sans imaginer qu'il apprécie. Le 8 août, jour de la journée internationale du chat, les réseaux se remplissent de chats posés sur des pianos, et l'internet produit chaque année sa moisson de photos amusantes d'animaux de compagnie. Aucun de ces chats n'écoute. Ils sont sur le piano parce que c'est tiède, plat, et en hauteur.

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