Les fascinants animaux d'Afrique : Éléphants, zèbres, lions, buffles, girafes et rhinocéros !
Sommaire7 sections
- 01D'abord, le « Big Five » n'est pas ce que vous croyez
- 02L'éléphant : le plus lourd, et le plus gourmand
- 03Le zèbre : les rayures ne servent pas à se cacher
- 04Le lion : on dit une troupe, pas une fierté
- 05Le buffle : onze mois de gestation, pas neuf
- 06La girafe : la plus haute, pas la plus grande
- 07Le rhinocéros : deux espèces africaines, deux régimes
La girafe n'est pas le plus grand animal terrestre, le groupe de lions ne s'appelle pas une fierté, et la gestation du buffle dure onze mois, pas neuf. Voici six animaux d'Afrique avec des chiffres vérifiés, et les erreurs qui se recopient depuis des années.
D'abord, le « Big Five » n'est pas ce que vous croyez
Éléphant, zèbre, lion, buffle, girafe, rhinocéros : cette liste est celle des affiches de safari, pas celle des Big Five. Le terme vient du vocabulaire des chasseurs coloniaux et désigne les cinq animaux réputés les plus dangereux à approcher à pied : le lion, le léopard, le rhinocéros, l'éléphant et le buffle. Ni la girafe ni le zèbre n'en font partie. Le léopard, lui, en est, et personne ne le met sur les affiches parce qu'on ne le voit presque jamais.
Cette précision compte pour qui prépare un voyage. Sur le terrain, l'animal qui tue le plus de guides n'est pas le lion : c'est le buffle, suivi de l'hippopotame, qui ne figure sur aucune de ces listes.
L'éléphant : le plus lourd, et le plus gourmand
L'éléphant de savane est bien le plus grand mammifère terrestre, avec des mâles de 5 000 à 6 000 kilos et parfois davantage. Il mesure 6 à 7 mètres du bout de la trompe à la queue, et jusqu'à 3,50 mètres au garrot pour les gros mâles.
Son appétit dicte tout le reste de sa vie. Il avale 150 à 200 kilos de végétaux par jour et boit jusqu'à 150 litres d'eau, ce qui l'oblige à marcher en permanence et à ne dormir que trois ou quatre heures par nuit, souvent debout. Sa gestation de 22 mois est la plus longue du règne des mammifères, et une femelle met bas tous les quatre à cinq ans. Une population qui s'effondre ne se reconstitue donc pas en une décennie.
La mémoire de l'éléphant n'est pas une légende. Des matriarches conduisent leur troupeau vers des points d'eau utilisés une seule fois plusieurs dizaines d'années plus tôt, et reconnaissent à la voix des congénères qu'elles n'ont pas croisés depuis des années. Elles communiquent par des infrasons qui portent à plusieurs kilomètres, sous la limite de l'audition humaine.

Le zèbre : les rayures ne servent pas à se cacher
On lit partout que les rayures camouflent le zèbre dans les hautes herbes. L'explication ne tient pas : la savane est le plus souvent rase, et les lions distinguent mal les couleurs mais très bien les contrastes. Les travaux les plus solides de la dernière décennie pointent une autre fonction : les taons et les mouches tsé-tsé se posent nettement moins sur les surfaces rayées. Des expériences menées sur des chevaux habillés de couvertures rayées ont montré une chute des atterrissages d'insectes, ce qui compte dans une région où ces mouches transmettent des maladies mortelles.
Chaque zèbre porte un motif qui lui est propre, comme une empreinte digitale, et les poulains apprennent à reconnaître leur mère au dessin de sa croupe. Un zèbre des plaines mesure 2,20 à 2,50 mètres de long, pèse 220 à 350 kilos et porte son petit 12 à 13 mois. En nature, il vit une vingtaine d'années, davantage en captivité ; à titre de comparaison, la longévité varie énormément d'un groupe animal à l'autre, et certains insectes tiennent moins d'une semaine, comme le montre notre article sur la durée de vie des papillons.
Le lion : on dit une troupe, pas une fierté
La « fierté » est une traduction ratée de l'anglais pride. En français, un groupe de lions s'appelle une troupe, un clan ou une bande. L'erreur vient de traductions automatiques et se recopie de site en site.
Une troupe compte typiquement une dizaine à une vingtaine d'individus : des lionnes apparentées, leurs petits, et une coalition d'un à quatre mâles qui tiendra la place deux à trois ans avant d'être chassée par des rivaux. Les lionnes assurent la majorité des captures, souvent en chassant à plusieurs sur des gnous, des zèbres et des buffles. Le mâle intervient surtout sur les grosses proies et défend le territoire.
Un mâle mesure 1,70 à 2,50 mètres sans la queue et pèse 150 à 250 kilos ; une lionne, 1,50 à 1,80 mètre et 120 à 180 kilos. La gestation dure environ 110 jours, l'une des plus courtes pour un animal de cette taille, et la femelle met bas deux à quatre petits à l'écart de la troupe. La mortalité des lionceaux est élevée : quand une nouvelle coalition prend le contrôle, les mâles tuent les jeunes non sevrés. En nature, un lion dépasse rarement 14 ans, contre 20 ans et plus en parc.
Le buffle : onze mois de gestation, pas neuf
Le buffle d'Afrique porte son veau environ 340 jours, soit onze mois. Le chiffre de neuf mois qui circule vient d'une confusion avec la vache domestique. Un adulte mesure 2,40 à 3,40 mètres, pèse 500 à 900 kilos, et les vieux mâles dépassent parfois la tonne.
Sa réputation est méritée. Les troupeaux, qui atteignent plusieurs centaines de têtes, réagissent collectivement à une attaque de lions et contre-chargent pour dégager un membre du groupe. Les vieux mâles solitaires, exclus du troupeau, sont les plus imprévisibles. Le buffle broute des herbes hautes et grossières que d'autres herbivores ne digèrent pas, ce qui ouvre le tapis végétal pour les gazelles qui suivent.
La girafe : la plus haute, pas la plus grande
La girafe est l'animal terrestre le plus haut, avec 4,30 à 5,70 mètres au sommet du crâne chez les grands mâles. Elle n'est pas le plus grand ni le plus lourd : ses 800 à 1 400 kilos la placent loin derrière l'éléphant. La formule « plus grande créature terrestre » que l'on rencontre souvent mélange hauteur et masse.
Sa langue préhensile atteint 45 à 50 centimètres et sa teinte foncée, bleu violacé, limite les coups de soleil pendant qu'elle broute des heures durant. Elle se nourrit surtout d'acacias, dont elle contourne les épines par une prise précise. Ces arbres se défendent en augmentant la teneur en tanins de leurs feuilles au bout de quelques minutes de broutage, ce qui oblige la girafe à changer d'arbre et à remonter le vent pour trouver des sujets non alertés.
Son cou compte sept vertèbres, comme le nôtre, mais chacune mesure jusqu'à 25 centimètres. Elle dort à peine trente minutes à deux heures par 24 heures, en plusieurs siestes debout. Le veau tombe de deux mètres à la naissance et se tient sur ses pattes en moins d'une heure.
Le rhinocéros : deux espèces africaines, deux régimes
L'Afrique abrite le rhinocéros blanc et le rhinocéros noir. Leur nom n'a rien à voir avec la couleur : les deux sont gris. « Blanc » viendrait d'une déformation du néerlandais wijd, large, en référence à la lèvre carrée du premier, faite pour tondre l'herbe rase. Le rhinocéros noir a une lèvre supérieure pointue et préhensile, faite pour attraper des branchages : l'un broute au sol, l'autre broute en hauteur.
Un rhinocéros mesure 3,50 à 4,60 mètres, pèse 800 à 2 500 kilos et vit 35 à 50 ans. La corne, en kératine comme nos ongles, repousse si elle est sciée, ce qui a conduit certaines réserves à décorner préventivement leurs animaux pour les rendre sans intérêt pour les braconniers. Le rhinocéros blanc du Nord, sous-espèce distincte, ne compte plus que deux femelles vivantes, sans aucun mâle depuis 2018 ; sa survie repose désormais sur des embryons conservés en laboratoire.
Ces six espèces tiennent la savane par les deux bouts. Les herbivores taillent la végétation à des hauteurs différentes, l'éléphant abat les arbres et ouvre des couloirs, le lion régule les troupeaux, et chacun laisse une place aux autres. Retirez l'un d'eux et le paysage change en quelques années. Pour les espèces moins connues du continent, la hyène tachetée, l'oryx ou l'okapi, nous les avons réunies dans un dossier consacré aux animaux africains moins connus.
Résumer cet article avec :
Partager :
