Les races de chats préférées en France
Le classement des races de chats préférées des Français ne décrit pas les chats français. Il décrit les quelques dizaines de milliers de chatons inscrits chaque année au LOOF, sur une population totale d'environ quinze millions de chats.
La nuance change tout. Plus de neuf chats sur dix vivant en France n'ont pas de pedigree : ce sont des chats de maison sans race, souvent appelés européens ou chats de gouttière. Le « top des races » est donc un classement d'éleveurs et d'acheteurs, pas un sondage national. Une fois ce cadrage posé, il reste intéressant, parce qu'il bouge, et vite.
Une erreur à corriger d'emblée
La version précédente de cet article affirmait que le Chartreux, le Sacré de Birmanie et le British Shorthair ne figuraient pas au classement. C'est faux : ces trois races comptent parmi les plus enregistrées en France, le Sacré de Birmanie occupant même la deuxième ou la troisième place selon les années. L'oubli venait du texte, pas des Français.
Le Maine Coon, premier et de loin
Originaire du nord-est des États-Unis, le Maine Coon est le plus grand chat domestique courant : 6 à 9 kg pour un mâle adulte, parfois davantage, avec une croissance qui s'étale sur trois à quatre ans au lieu d'un an chez la plupart des races. Caractère sociable, voix étonnamment aiguë pour le gabarit, tolérance correcte aux enfants et aux autres animaux.

Son succès a un revers. La race est concernée par la cardiomyopathie hypertrophique, une maladie du muscle cardiaque, et par la dysplasie de la hanche. Une mutation associée à cette cardiopathie se dépiste par test ADN, et les éleveurs sérieux font en plus échographier leurs reproducteurs. Demandez ces documents avant d'acheter, pas après.
Le Ragdoll, la peluche qui s'ennuie seule
Le Ragdoll doit son nom à sa tendance à se relâcher complètement quand on le soulève. Créé en Californie dans les années 1960, c'est un grand chat à poil mi-long, lent à maturité lui aussi, très demandeur de présence humaine. Cette fiche sur les races de chats, leurs caractères et leurs soins détaille le reste des critères de choix.

Son point faible est connu : il supporte mal les absences longues. Un Ragdoll seul de 8 h à 19 h développe fréquemment des troubles du comportement, malpropreté ou léchage excessif. Si vous êtes absent toute la journée, prenez-en deux ou prenez autre chose. Le brossage hebdomadaire suffit tant que la fourrure reste saine, davantage pendant les mues. Notre portrait du Ragdoll, chat doux et serein complète ce tableau, et la fiche consacrée à la race Ragdoll donne les standards officiels.
Le Persan, une beauté qui se paie
Le Persan vient d'Iran et reste le chat de salon par excellence : calme, peu joueur passé deux ans, très attaché à sa routine. Il vit en moyenne de 12 à 17 ans. Il figure d'ailleurs souvent dans les classements des races de chats les plus dociles.

Sur ce point, autant être direct : la sélection sur le museau plat a des conséquences. Les Persans très typés respirent mal, larmoient en permanence et souffrent de malocclusions dentaires. La race est aussi touchée par la polykystose rénale, dépistable par test ADN et par échographie. Un Persan à face moins écrasée, dit « doll face », pose bien moins de problèmes. Notre article sur le charme du Persan décrit son tempérament plus en détail.
Le Siamois, celui qui parle
Venu de Thaïlande, arrivé en Europe au milieu du XIXe siècle, le Siamois se reconnaît à ses extrémités colorées et à ses yeux bleus. Son colourpoint tient à une enzyme sensible à la température : les zones les plus froides du corps, oreilles, masque, pattes, queue, foncent avec l'âge. Un chaton siamois naît presque blanc.

C'est le plus bavard des chats courants, avec une voix rauque qu'on entend d'une pièce à l'autre. Il réclame de l'interaction et supporte mal l'indifférence. À éviter en appartement mitoyen avec des voisins sensibles, franchement. Le Siamois, chat élégant et expressif, fait partie des races les plus anciennes reconnues en Occident.
Le Bengal, un félin sous conditions
Le Bengal descend d'un croisement entre un chat domestique et le chat-léopard du Bengale, un petit félin sauvage asiatique. Précision utile, car le texte d'origine parlait de léopard : il ne s'agit pas du léopard africain mais de Prionailurus bengalensis, un animal de 3 à 7 kg.

Actif, bruyant, grimpeur, souvent attiré par l'eau, il demande un volume de jeu qu'une vie de bureau ne fournit pas. Les premières générations issues du croisement sauvage ne sont pas considérées comme des animaux domestiques en France et leur détention est encadrée : un Bengal de compagnie doit être issu de générations suffisamment éloignées de l'ancêtre sauvage. Vérifiez le pedigree. Notre fiche présente le Bengal comme compagnon de famille avec ses exigences.
Une race ne garantit pas un caractère. Elle donne une probabilité, un format, une liste de risques de santé et un budget de départ. Le reste se joue sur la socialisation des huit premières semaines et sur ce que vous pouvez offrir en temps. Beaucoup de gens qui craquent pour un Maine Coon seraient plus heureux avec un européen adopté en refuge, et l'inverse est rare. Si l'exotisme vous attire, regardez plutôt du côté des animaux d'Islande, ça coûte moins cher et personne ne dort sur votre oreiller.
Résumer cet article avec :
Partager :
