Les raisons de la menace d'extinction de l'éléphant d'Asie
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L'ivoire n'est pas ce qui tue le plus d'éléphants d'Asie aujourd'hui. En Inde, la première cause de mort non naturelle est l'électrocution sur des câbles agricoles illégaux tendus au ras des champs, devant les collisions ferroviaires et devant le braconnage.
La nuance change ce qu'il faut réparer. Contre un câble mal isolé tendu à deux mètres du sol, la réponse tient à des électriciens et à un tracé modifié, pas à des patrouilles armées.
Un territoire réduit à des îlots
Elephas maximus est classé en danger par l'UICN depuis 1986. Il en reste entre 48 000 et 52 000 à l'état sauvage, répartis sur treize pays, dont plus de la moitié en Inde. L'espèce a perdu la plus grande partie de son aire historique, qui allait autrefois de l'Irak à la Chine du Sud.
Un troupeau parcourt des dizaines de kilomètres en suivant des itinéraires que les matriarches connaissent de mémoire. Quand une plantation de thé ou une voie ferrée coupe l'un de ces couloirs, l'éléphant passe quand même. Presque tous les incidents naissent là.
Pourquoi le braconnage frappe ici de travers
Chez l'éléphant d'Asie, les femelles n'ont pas de défenses, et une bonne partie des mâles non plus : on les appelle makhnas, et au Sri Lanka, moins d'un mâle sur dix porte des défenses. Les braconniers ne peuvent donc cibler qu'une fraction des mâles.
L'effet est pervers : chaque mâle à défenses abattu déséquilibre un peu plus le rapport entre les sexes dans des populations déjà petites, ce qui appauvrit la diversité génétique bien au-delà du nombre d'animaux tués. Depuis les années 2010 s'y ajoute un commerce de peau d'éléphant, documenté surtout en Birmanie, qui vise les animaux quel que soit leur sexe ou leur âge.
Ce qui marche sur le terrain
Les solutions qui donnent des résultats sont peu spectaculaires. Enterrer ou surélever les lignes électriques dans les zones de passage. Installer sur les voies ferrées des systèmes de détection qui préviennent les conducteurs, comme ceux déployés sur plusieurs tronçons du nord-est indien. Racheter des parcelles pour ressouder deux blocs forestiers en un corridor continu. Indemniser vite les agriculteurs dont les récoltes ont été détruites, parce qu'un paysan non indemnisé finit par électrifier sa clôture lui-même.
Aucune de ces mesures ne fait une belle photo. Elles expliquent pourtant pourquoi certaines populations se stabilisent pendant que d'autres s'effondrent, à quelques centaines de kilomètres de là.
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