Pourquoi ces 7 animaux abandonnent-ils leurs petits ? Découvrez la réponse choquante !
Sommaire8 sections
- 01Pourquoi le mot abandon ne veut rien dire ici
- 02Les tortues marines : tout se joue avant la ponte
- 03Les grenouilles : une réserve de quelques jours, puis rien
- 04Les mégapodes : un incubateur à la place des parents
- 05Les lézards : la ponte, puis le silence
- 06Le coucou gris : la sous-traitance
- 07Le renard : ce n'est pas un abandon, c'est une dispersion
- 08Le caméléon de Labord : les parents sont morts avant l'éclosion
Il n'y a pas de réponse choquante, et c'est le seul angle honnête pour traiter la question : chez la très grande majorité des espèces animales, personne ne s'occupe des petits, et c'est l'état par défaut du vivant. Ce sont les mammifères et les oiseaux qui font exception, pas les tortues ni les grenouilles.
Pourquoi le mot abandon ne veut rien dire ici
Abandonner suppose d'avoir d'abord pris en charge. Une tortue marine ne prend jamais en charge quoi que ce soit : elle investit tout dans le nombre d'œufs et dans le choix du site de ponte, puis repart. Les biologistes parlent de deux stratégies opposées. D'un côté, beaucoup de descendants, aucun soin, une mortalité énorme et quelques survivants qui suffisent. De l'autre, peu de descendants, un investissement long, et une mortalité juvénile bien plus basse.
Les sept cas ci-dessous illustrent la première stratégie, avec une exception qui n'en est pas une (le renard) et une qui la pousse à l'extrême (le caméléon de Labord).
Les tortues marines : tout se joue avant la ponte
Les femelles rejoignent la plage où elles sont nées, creusent au-dessus de la ligne des plus hautes marées, déposent leurs œufs, rebouchent et repartent vers le large. Toute la parentalité tient dans le choix de l'emplacement : trop bas, le nid est noyé ; trop chaud, les éclosions basculent vers les femelles, car chez ces espèces le sexe des embryons dépend de la température d'incubation. Les nouveau-nés sortent de nuit, à plusieurs, et rejoignent l'eau sous les crabes et les oiseaux.
Les grenouilles : une réserve de quelques jours, puis rien
La ponte a lieu au printemps, dans l'eau, avec une fécondation externe. Les têtards éclosent avec un sac vitellin qui les nourrit les premiers jours. Cette réserve épuisée, ils broutent algues et débris végétaux, puis passent la métamorphose sans aide. La généralisation a ses limites : plusieurs espèces tropicales, dont les dendrobates, transportent leurs têtards sur le dos et les déposent un par un dans de petites poches d'eau.
Les mégapodes : un incubateur à la place des parents
Ces oiseaux d'Australie et d'Asie du Sud-Est n'incubent pas au corps. Le mâle entasse un monticule de végétation en décomposition et de sable, y règle la température autour de 33 degrés en ajoutant ou retirant de la matière, souvent pendant des mois. La femelle y enfouit ses œufs. Le poussin sort seul du monticule, déjà emplumé, et vole parfois dès le premier jour. Il ne verra jamais ses parents.
Les lézards : la ponte, puis le silence
La plupart des lézards sont ovipares et cachent leurs œufs dans un sol meuble, sous une pierre ou une souche. Les jeunes émergent autonomes, chassent de petits invertébrés et évitent les adultes de leur propre espèce, qui les mangent à l'occasion. Certaines espèces sont vivipares, comme le lézard vivipare de nos tourbières, mais la mise bas ne change rien à la suite : les nouveau-nés partent seuls.
Le coucou gris : la sous-traitance
La femelle coucou repère un nid de rousserolle, de rougequeue ou d'accenteur, retire un œuf de la couvée et pond le sien à la place, en quelques secondes. Le jeune coucou éclôt en général avant ses compagnons de nid et pousse par-dessus bord œufs et oisillons, sur le dos. Les hôtes continuent de nourrir un oiseau qui les dépasse bientôt en taille. Les parents biologiques, eux, ne reverront jamais leur descendance.
Le renard : ce n'est pas un abandon, c'est une dispersion
Les renardeaux naissent au printemps, sont allaités, puis nourris de proies rapportées par les deux parents et parfois par une femelle apparentée. Ils restent au terrier jusqu'à l'été. À l'automne, les jeunes quittent le territoire familial, parfois sur plusieurs dizaines de kilomètres. Ce départ n'a rien d'un abandon : il évite la consanguinité et la concurrence alimentaire sur un territoire qui ne nourrit pas tout le monde.
Le caméléon de Labord : les parents sont morts avant l'éclosion
Furcifer labordi vit dans les forêts sèches du sud-ouest de Madagascar et détient un record chez les tétrapodes : il passe la plus grande part de sa vie dans l'œuf. Les adultes éclosent en novembre, grandissent en quelques semaines, se reproduisent, puis disparaissent en quelques mois, les mâles d'abord. Les œufs incubent pendant huit à neuf mois dans le sol. Quand la génération suivante sort, aucun adulte n'est encore vivant. Il n'y a personne à qui reprocher un abandon.
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