Découverte des girafes en Afrique : Les destinations incontournables
Sommaire5 sections
Voir des girafes en Afrique n'a rien d'improbable : elles sont visibles toute l'année dans une dizaine de parcs. Le choix se joue ailleurs, sur la sous-espèce que vous verrez et sur la saison, qui décide de tout.
Les brochures de safari mettent le lion et l'éléphant en couverture, et la girafe en figurant. C'est dommage, parce qu'elle est l'animal le plus facile à observer longuement : elle ne se cache pas, elle se déplace lentement, elle dépasse de la végétation, et elle tolère les véhicules à faible distance. Encore faut-il aller au bon endroit au bon moment, et savoir laquelle des girafes on regarde.
La plus haute, pas la plus lourde
Un mâle adulte atteint 5,5 mètres, exceptionnellement un peu plus ; les femelles plafonnent autour de 4,5 mètres. Côté masse, la girafe pèse 1 200 kg en moyenne pour un mâle et 800 à 900 kg pour une femelle, soit trois à cinq fois moins qu'un éléphant d'Afrique. La formule « le plus grand mammifère terrestre » qui traîne partout mélange donc deux records : sur la hauteur, la girafe gagne largement, mais notre comparatif des plus grands animaux terrestres rappelle que la balance donne un autre classement, et le dossier consacré aux six espèces remarquables d'Asie montre que le continent voisin joue dans d'autres catégories.

Cinq parcs, cinq expériences différentes
Etosha, Namibie : le théâtre des points d'eau
Etosha tourne autour d'une immense dépression saline et d'une série de points d'eau permanents, souvent aménagés avec un parking et un talus. De mai à octobre, en saison sèche, les girafes y viennent boire tous les jours. C'est le meilleur endroit du continent pour observer la posture de l'abreuvement : pattes avant écartées en compas, cou plié, tête en bas pendant quelques secondes seulement, position dans laquelle elles sont vulnérables aux lions et qu'elles interrompent sans arrêt pour relever la tête. Un affût de deux heures à Okaukuejo ou Halali vaut mieux qu'une journée de route.
Kruger, Afrique du Sud : le plus accessible
Le Kruger abrite plusieurs milliers de girafes du Cap, et il se visite en voiture de location, sans guide obligatoire, avec des camps réservables en ligne. Pour un premier safari en autonomie, c'est le choix évident. Les girafes se concentrent dans les zones de mopane et d'acacias du centre du parc, entre Satara et Olifants. De juin à septembre, la végétation sèche et se clairsème, ce qui dégage la vue.
Delta de l'Okavango, Botswana : la marche dans l'eau
Le delta offre une image qu'on ne voit nulle part ailleurs : des girafes traversant des bras d'eau peu profonds, jambes trempées, dans un paysage inondé en pleine saison sèche. Le paradoxe du delta tient à ça, la crue venue d'Angola arrive entre juin et août, au moment où le reste du pays s'assèche. C'est une destination chère, en camps de petite capacité, avec vols en avion léger pour atteindre les lodges.
Nyerere, Tanzanie : le parc que personne ne cite
Créé en 2019 à partir d'une portion de l'ancienne réserve de Selous, le parc national de Nyerere est l'un des plus vastes d'Afrique et reçoit une fraction des visiteurs du Serengeti. On y voit la girafe masaï, animal national de la Tanzanie, reconnaissable à ses taches aux bords dentelés en feuille de vigne. Juin à octobre reste la fenêtre la plus sûre, et les safaris en bateau sur la Rufiji changent de la piste.
Samburu, Kenya : la réticulée
Au nord du mont Kenya, la réserve de Samburu est aride, rocheuse, traversée par l'Ewaso Ng'iro. On y observe la girafe réticulée, dont les taches marron sont séparées par un réseau de lignes blanches très nettes, comme un filet. Sa population totale est estimée à quelques milliers d'individus, surtout au Kenya, en Somalie et dans le sud de l'Éthiopie, et elle figure parmi les girafes les plus menacées d'extinction.
Trois adresses souvent mal présentées
- Murchison Falls, Ouganda : la plus grosse population de girafes de Nubie au monde, plus d'un millier d'individus sur la rive nord du Nil. Longtemps appelée girafe de Rothschild, cette forme est aujourd'hui rattachée par les généticiens à la girafe de Nubie, en danger critique d'extinction.
- Giraffe Manor, Nairobi : ce n'est pas une réserve, c'est un hôtel de douze chambres, où des girafes habituées passent la tête aux fenêtres du petit-déjeuner. Le troupeau appartient au Giraffe Centre voisin, géré par une association de conservation kényane et ouvert au public pour quelques euros. Si l'idée est de voir des girafes de près sans payer une nuit d'hôtel hors de prix, c'est le Giraffe Centre qu'il faut viser.
- Serengeti, Tanzanie : on y voit beaucoup de girafes masaï, et c'est un très beau parc. En revanche, la grande migration dont tout le monde parle concerne les gnous et les zèbres. Les girafes ne migrent pas : elles occupent des domaines vitaux de quelques dizaines de kilomètres carrés toute l'année.
Ce qu'il faut savoir regarder
Une fois devant un groupe, le spectacle se lit si l'on sait quoi chercher.
- Le cou : sept vertèbres cervicales, comme chez l'humain et la plupart des mammifères, mais chacune atteint 25 cm. Il sert à brouter en hauteur et, chez les mâles, d'arme de combat lors des affrontements au cou, ces balancements lents qui finissent en coups de tête sur les flancs de l'adversaire.
- La langue : 45 à 50 cm, préhensile, d'un violet sombre presque noir sur sa partie exposée, une pigmentation qui la protège du soleil pendant les longues heures de broutage.
- Le pelage : chaque dessin est unique, comme une empreinte digitale, et transmis en partie par la mère. Sous chaque tache court un réseau de vaisseaux sanguins qui participe à la thermorégulation.
- Le cœur : environ 11 kg, avec une paroi ventriculaire très épaisse et une pression artérielle deux fois supérieure à la nôtre, de quoi pousser le sang jusqu'à un cerveau situé deux mètres plus haut.
- Le sommeil : une girafe adulte dort une trentaine de minutes par jour, en épisodes de quelques minutes, souvent debout. Le sommeil profond, tête posée sur la croupe, est rare et bref.
Une espèce qui recule sans faire de bruit
La population africaine a chuté d'environ 40 % en trente ans, et le mouvement s'est fait dans une indifférence assez générale : on parle d'extinction silencieuse. Les causes tiennent d'abord à la conversion des savanes en terres agricoles et en pâturages, ensuite au braconnage pour la viande et aux conflits armés dans certaines zones du Sahel et de l'Afrique de l'Est. En milieu sauvage une girafe vit 20 à 25 ans, un peu plus en captivité, mais la longévité individuelle ne dit rien de la santé d'une population.
Une chose peut se vérifier avant de réserver : la part du prix qui revient aux parcs et aux communautés locales. Les droits d'entrée des parcs nationaux financent directement la surveillance anti-braconnage, et certains lodges privés reversent une redevance aux conservancies, ces territoires gérés par les communautés pastorales, notamment autour de Samburu et du Laikipia. C'est un critère plus utile que le nombre d'étoiles. Pour préparer les autres rencontres du voyage, notre panorama des grands animaux de la savane africaine fait le tour des espèces que vous croiserez aux mêmes points d'eau. Et avant de partir, une dernière lecture : notre article sur les animaux les plus lourds du monde remet la girafe à sa juste place dans le classement.
Résumer cet article avec :
Partager :
