À la découverte de l'alimentation des hérissons

Une des clés pour maintenir un hérisson en bonne santé est de comprendre et de respecter ses besoins alimentaires spécifiques.
Sommaire4 sections
  1. 01Un insectivore, pas un rongeur
  2. 02Ce qu'il ne faut jamais lui donner
  3. 03L'eau, la fraîcheur, la régularité
  4. 04Ce que l'alimentation ne règle pas

Un hérisson pygmée d'Afrique adulte mange 30 à 50 grammes par jour, presque uniquement des protéines animales, et la moitié des problèmes de santé qu'on lui connaît en captivité viennent de sa gamelle. Voici ce qu'on y met, et ce qu'on n'y met jamais.

Une précision s'impose avant tout le reste, parce que l'article d'origine l'escamotait. Le hérisson qu'on croise dans un jardin en France est un hérisson d'Europe, espèce protégée par l'arrêté du 23 avril 2007 : le capturer, le transporter ou le garder chez soi est interdit, sauf prise en charge par un centre de sauvegarde de la faune sauvage. Le hérisson vendu en animalerie est un hérisson pygmée d'Afrique, une autre espèce, dont la détention est encadrée par la réglementation sur les animaux non domestiques. Renseignez-vous auprès de la direction départementale de la protection des populations avant d'en acquérir un.

Un insectivore, pas un rongeur

Le hérisson n'appartient pas à l'ordre des rongeurs. Il fait partie des Eulipotyphla, un groupe qui rassemble aussi les musaraignes et les taupes, et sa dentition est faite pour croquer de la chitine, pas pour ronger des graines. Ses besoins tournent autour de 30 à 35 % de protéines et moins de 15 % de matières grasses sur la matière sèche, ce qu'aucun mélange pour rongeurs ne fournit.

En pratique, la base de la ration en captivité est une croquette pour chaton de bonne qualité, riche en protéines animales et pauvre en céréales, éventuellement complétée par un aliment spécifique hérisson. Les insectes viennent par-dessus, en quantité limitée : quelques vers de farine ou grillons par jour tiennent lieu de friandise et d'occupation, pas de repas principal. Les vers de farine donnés en abondance apportent beaucoup de graisse et de phosphore pour très peu de calcium, un déséquilibre qui finit par fragiliser le squelette.

Gros plan sur un hérisson au museau baissé qui cherche sa nourriture au sol

Ce qu'il ne faut jamais lui donner

Le lait de vache arrive en tête. Le hérisson, comme la plupart des mammifères adultes, digère très mal le lactose, et un bol de lait déclenche une diarrhée qui peut le déshydrater en deux jours. Le pain n'a rien à faire dans sa gamelle non plus : sans intérêt nutritionnel, il remplit l'estomac au détriment du reste.

L'article d'origine recommandait l'escargot en boîte et le thon en conserve. C'est une mauvaise idée, et elle mérite d'être corrigée : ces conserves sont chargées en sel, souvent en huile, et le sel est difficile à éliminer pour un aussi petit animal. Si vous voulez apporter une protéine fraîche, un peu de blanc de poulet cuit sans assaisonnement ou une pâtée pour chaton sans sauce font le travail.

Restent les aliments réellement toxiques pour les mammifères, qu'on retrouve dans les mêmes listes d'aliments dangereux établies pour le chat : chocolat, oignon, ail, raisin et raisin sec, avocat. Ajoutez-y tout ce qui est épicé, fumé, salé ou frit, ainsi que les agrumes et les fruits exotiques, trop acides pour son tube digestif.

L'eau, la fraîcheur, la régularité

De l'eau propre en permanence, dans une coupelle basse et lourde plutôt qu'un biberon à bille : les hérissons boivent mal aux biberons et certains s'y abîment les dents. Changez l'eau tous les jours, retirez la nourriture humide au bout de quelques heures en été. Un hérisson mange la nuit, donc une gamelle servie à 20 heures sera vide au matin ; c'est le bon repère pour ajuster les quantités.

La température de la pièce compte autant que le contenu de la gamelle. En dessous de 20 degrés, un hérisson pygmée peut entrer en torpeur, cesser de s'alimenter et s'affaiblir vite. Maintenez la pièce entre 22 et 26 degrés.

Ce que l'alimentation ne règle pas

Une roue solide à surface pleine, des cachettes, un substrat où fouiller : un hérisson qui parcourt plusieurs kilomètres par nuit dans la nature a besoin de bouger en captivité, sinon il grossit quoi qu'on mette dans sa gamelle. La roue à barreaux est à proscrire, les doigts s'y coincent.

Pour le hérisson sauvage du jardin, la meilleure aide reste indirecte. Une coupelle d'eau en période de sécheresse, un passage de 13 centimètres sous la clôture, l'arrêt des granulés anti-limaces et la vigilance avec la tondeuse et le robot de tonte font plus pour sa survie qu'une assiette de croquettes. L'animal trouve sa nourriture seul : ce sont les obstacles et les poisons qui le tuent.

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