L'énigme de la domestication des chevaux enfin résolue : découvrez les origines de nos fidèles compagnons

découvrez enfin les origines de nos fidèles compagnons, grâce à la résolution de l'énigme de la domestication des chevaux.
Sommaire3 sections
  1. 01Botaï, la fausse piste devenue une découverte à part entière
  2. 02Le cheval et le chariot voyagent ensemble
  3. 03Pourquoi cette histoire dépasse le cheval

L'étude parue dans Nature le 20 octobre 2021 a bien tranché une question vieille de deux siècles : tous les chevaux montés aujourd'hui descendent d'une population des steppes de la basse Volga et du Don, au nord du Caucase. Elle n'a pas pour autant réglé la domestication du cheval en général, et la nuance compte.

Chevaux au galop dans une steppe herbeuse, évoquant le berceau des chevaux domestiques

Le travail a été coordonné par Ludovic Orlando, du CNRS, à Toulouse, avec 162 cosignataires venus de l'archéologie, de la paléogénétique et de la linguistique. Ils ont séquencé 273 génomes de chevaux anciens répartis sur toute l'Eurasie, du Paléolithique aux derniers siècles avant notre ère. La méthode tient en une phrase : on connaît la signature génétique des chevaux d'aujourd'hui, on la cherche à rebours et on regarde où elle apparaît en premier.

Botaï, la fausse piste devenue une découverte à part entière

Pendant une quinzaine d'années, le site de Botaï, au nord du Kazakhstan, a fait figure de berceau. Vers 3500 avant notre ère, on y trouvait des enclos, des traces d'usure sur les dents évoquant un mors, et des résidus de lait de jument dans des poteries. Tout y était.

Sauf l'ADN. Les analyses publiées en 2018 ont montré que les chevaux de Botaï ne sont pas les ancêtres des chevaux domestiques actuels : ce sont ceux du cheval de Przewalski, longtemps décrit comme le dernier cheval sauvage du monde et qui se révèle donc plutôt un cheval redevenu sauvage. Cela ne disqualifie pas Botaï, cela dit autre chose : le cheval a été domestiqué au moins deux fois, et la première tentative n'a pas laissé de descendance. L'Anatolie, la Sibérie et la péninsule Ibérique ont été écartées de la même manière.

Le cheval et le chariot voyagent ensemble

La diffusion de cette lignée suit de près celle des chars à roues à rayons, attestés vers 2000 avant notre ère dans les sépultures de la culture de Sintashta, dans l'Oural méridional. Et elle accompagne l'expansion des langues indo-iraniennes vers l'Asie centrale et l'Inde. Cheval, char et langue progressent de conserve, ce qui suggère qu'il s'agissait moins d'un animal que d'un ensemble technique complet, transmis en bloc.

Le point le plus dérangeant pour les manuels concerne l'Europe. Les grandes migrations depuis les steppes vers l'ouest, celles des populations dites Yamnaya autour de 3000 avant notre ère, sont antérieures d'un bon millénaire à l'apparition de DOM2. Ces gens-là ne sont donc pas arrivés à cheval. L'image du cavalier indo-européen déferlant sur l'Europe néolithique, reprise pendant des décennies, ne tient pas devant les dates.

Pourquoi cette histoire dépasse le cheval

La leçon de méthode est peut-être le meilleur de l'affaire. Pendant longtemps, la question a été traitée par l'archéologie seule : un os, un enclos, une usure dentaire, et l'on concluait. Le séquençage massif d'ADN ancien a renvoyé plusieurs de ces conclusions au vestiaire, y compris celles des manuels scolaires. Reconstituer les déplacements humains suppose désormais de suivre les animaux qui les accompagnaient : le cheval, lui, arrive plus tard que les migrants de la steppe, va plus vite, et redessine la carte.

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