Découvrez quels animaux sont tellement redoutables qu'aucun prédateur ne peut les vaincre !
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Aucun animal n'est invincible, et la liste des espèces vraiment sans prédateur est beaucoup plus courte qu'on ne la présente d'habitude. Le lion, le requin blanc et l'aigle royal, cités partout, se font tuer plus souvent qu'on ne le croit. Voici ceux qui tiennent réellement, et pourquoi.
Le vocabulaire d'abord, parce qu'il est source de la moitié des malentendus. Un prédateur apical, ou superprédateur, est une espèce qu'aucune autre ne chasse habituellement à l'âge adulte. La définition dit seulement cela : elle ne promet ni l'invincibilité au combat ni la sécurité pendant toute une vie. Presque tous les superprédateurs perdent des jeunes, et beaucoup meurent de la main de leurs propres congénères.
L'orque tient la place que l'on donne au requin blanc
Le grand requin blanc figure en tête de toutes les listes, et c'est une erreur factuelle. En 2017, plusieurs carcasses de grands blancs se sont échouées près de Gansbaai, en Afrique du Sud, éventrées avec précision et vidées de leur foie. L'affaire a été attribuée à deux orques mâles repérés dans la zone, surnommés Port et Starboard par les scientifiques locaux à cause de leurs nageoires dorsales affaissées. Les grands blancs ont déserté le site pendant des mois, un secteur pourtant réputé pour ses concentrations de squales.
L'orque, elle, n'est chassée par personne. Elle attaque des otaries, des phoques, des requins, et s'en prend aux baleineaux des grandes baleines lors des migrations, notamment aux jeunes baleines grises le long de la côte californienne. Ses techniques se transmettent d'une génération à l'autre au sein du groupe familial : c'est une culture de chasse, pas un instinct.
Le lion n'est pas au sommet de grand-chose
Le roi des animaux mène une vie bien plus risquée que sa réputation ne le laisse croire. Les lionceaux sont tués par les hyènes, par les léopards, et surtout par les mâles adultes qui prennent le contrôle d'une troupe et éliminent la descendance de leur prédécesseur. Les lionnes se font encorner par les buffles, qui chargent en groupe pour défendre un des leurs. Et la première cause de mort violente d'un lion adulte reste un autre lion.
Le loup se trouve dans la même position. Il n'a pas de prédateur au sens strict, mais il se fait déloger de ses proies par les ours bruns à Yellowstone, et les conflits entre meutes voisines tuent une part notable des adultes. Vivre au sommet de la chaîne alimentaire n'a jamais signifié mourir de vieillesse.
Les vrais intouchables sont ceux qu'on ne veut pas manger
La stratégie la plus efficace n'est pas d'être le meilleur chasseur, mais de coûter trop cher à attaquer. Le porc-épic à crête en donne l'illustration la plus nette : ses piquants se détachent au contact et migrent dans les chairs. Des lions et des léopards en meurent, affamés parce qu'un piquant fiché dans la gueule ou la patte les empêche de chasser.
Le ratel, ou blaireau à miel, tient sur un autre registre. Sa peau épaisse et très lâche lui permet de se retourner dans sa propre fourrure quand un prédateur le saisit, et il résiste remarquablement bien au venin de serpent. Des léopards l'attaquent parfois. Ils recommencent rarement.
Le pangolin roule ses écailles en boule hermétique, la tortue se referme, la mouffette asperge. Aucun de ces animaux ne gagnerait un combat direct. Tous restent vivants.
Et l'humain, qui fausse tous les classements
La dernière raison pour laquelle la question ne se pose plus comme au XIXe siècle, c'est nous. Le grand requin blanc, l'orque, le rhinocéros blanc et l'éléphant d'Afrique sont tous menacés par la pêche accidentelle, la pollution chimique, le braconnage ou la perte d'habitat. Un animal peut très bien n'avoir aucun prédateur naturel et voir sa population fondre de moitié en trente ans. Le titre de superprédateur ne protège de rien.
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