Combien de temps doit dormir mon chien ?
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Un chien adulte dort douze à quatorze heures par jour, mais jamais d'une traite : son sommeil se découpe en séquences d'un quart d'heure entrecoupées de réveils. C'est cette fragmentation, plus que le total, qui explique ce que vous voyez à la maison.
Le chiffre affole toujours les nouveaux propriétaires. Quatorze heures, c'est plus de la moitié de la journée, et le chien qui somnole sur le tapis à quinze heures donne l'impression de s'ennuyer ferme. Il fait simplement son métier de chien : chez une espèce qui a longtemps chassé par à-coups, le repos se prend quand il se présente et se rattrape en plusieurs fois.
Pourquoi compter les heures ne dit pas grand-chose
Les travaux de laboratoire sur le sommeil canin décrivent des cycles courts : le chien s'endort, passe une quinzaine de minutes en sommeil léger puis profond, se réveille quelques minutes, se rendort. Un humain enchaîne des cycles d'environ quatre-vingt-dix minutes ; le chien en boucle quatre ou cinq dans le même intervalle. Le sommeil paradoxal, celui des rêves, occupe une part nettement plus faible de sa nuit que de la nôtre, ce qui le rend plus vite opérationnel au réveil et plus dépendant du nombre de cycles qu'il parvient à enchaîner.
Un chien qui dort quatorze heures découpées en trente micro-siestes, parce que la porte claque et que les enfants passent, est moins reposé qu'un chien qui en dort onze en gros blocs. Le total peut être parfait sur le papier et l'animal rester irritable, lent à obéir, réactif au moindre bruit.

Ce que l'exercice change vraiment
Une promenade plus longue ne fabrique pas mécaniquement une meilleure nuit. Un chien épuisé physiquement mais jamais sollicité mentalement dort mal, s'agite et se relève. La dépense qui apaise est celle qui fait travailler le nez et la tête : trente minutes de reniflage libre en promenade fatiguent davantage qu'une heure de course derrière une balle, laquelle a plutôt tendance à installer un état d'excitation dont le chien redescend lentement.
Deuxième point, moins connu : les deux dernières heures avant le coucher comptent. Un jeu de traction ou une arrivée de visiteurs à vingt-deux heures laisse un chien en alerte bien après l'extinction des lumières.
Il rêve, et ça s'entend
Pattes qui pédalent, gémissements, petits aboiements étouffés, yeux qui bougent sous les paupières : c'est le sommeil paradoxal, et il n'y a rien à faire. Réveiller un chien en pleine phase de rêve est une mauvaise idée, il peut mordre par réflexe avant d'avoir compris où il est. On laisse passer.
La nuance à connaître : un tremblement qui gagne tout le corps, une raideur, une perte d'urine ou une salivation abondante ne ressemblent pas à un rêve et évoquent une crise convulsive. Filmez la scène et montrez la vidéo au vétérinaire, elle vaut mieux que toutes les descriptions.
Le cas des seniors et des très jeunes
Les chiens âgés dorment plus longtemps et moins bien : l'arthrose les réveille quand ils changent de position, et un couchage trop mou les gêne plus qu'il ne les soulage. Un matelas ferme à mémoire de forme, posé au sol pour éviter les sauts, règle une partie du problème.
Chez le chiot, le vrai risque est inverse : on le sollicite trop. Un chiot de trois mois qui n'arrive pas à se poser, qui mordille tout et devient ingérable en fin d'après-midi n'est pas hyperactif, il est en dette de sommeil. Le mettre au calme dans son parc après chaque temps de jeu fait souvent disparaître le problème en quelques jours, et cela compte autant que l'alimentation dans l'équilibre quotidien d'un chien ou d'un chat.
Reste à surveiller les évolutions plutôt que les valeurs absolues. Deux chiens du même âge et de la même race peuvent avoir deux heures d'écart sans que personne soit malade. Ce qui compte, c'est l'écart avec les habitudes de votre chien à lui, sur une semaine.
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