7 animaux miniatures - A la découverte des bêtes minuscules

Plongeons dans l'univers des animaux miniatures et découvrons comment, malgré leur petite taille, ils tiennent une place de géants dans le monde animal.

Le colibri d'Helena pèse 1,95 g, à peine plus qu'une pièce de un centime, et il passe sa journée entière à courir après ses propres calories. C'est le vrai sujet derrière ces records de petitesse : à cette taille, vivre coûte très cher.

Plus un corps est petit, plus sa surface est grande par rapport à son volume, et plus il perd de chaleur. Un mammifère de 2 g brûle proportionnellement dix à vingt fois plus d'énergie qu'un chien de 20 kg. Il ne peut ni jeûner, ni se permettre une mauvaise nuit. Les sept espèces qui suivent paient ce prix chacune à sa façon.

Sept animaux minuscules, et ce que leur taille leur impose

1. La chauve-souris bourdon (Craseonycteris thonglongyai)

Trois centimètres, 2 g sur la balance. Ce kitti à nez de porc, décrit en 1974, se dispute avec la musaraigne étrusque le titre de plus petit mammifère du monde : il est plus léger, elle est plus courte. Il vit en colonies dans des grottes calcaires de Thaïlande et de Birmanie et ne chasse que par sorties de vingt à trente minutes au crépuscule. Son écholocation travaille autour de 70 kHz : image fine à courte portée, aucune détection lointaine. D'où un menu de très petits insectes, au ras du feuillage.

2. La grenouille Paedophryne amauensis

7,7 mm en moyenne pour les adultes, mesurés lors de la description de l'espèce en 2012 en Papouasie-Nouvelle-Guinée. C'est le plus petit vertébré connu à ce jour. Elle vit dans la litière humide et saute une trentaine de fois sa longueur. Pas de phase têtard : l'œuf pondu dans la feuille donne directement une grenouille complète, sans passage par un point d'eau libre.

Petite grenouille brune posée sur une pièce de monnaie, à peine plus large qu'un ongle

3. Le microcèbe de Mme Berthe (Microcebus berthae)

Environ 30 g pour 9 cm de corps, sans la queue. Ce lémurien nocturne de la forêt sèche de Kirindy, à l'ouest de Madagascar, est le plus petit primate du monde. Il tire une bonne part de sa nourriture des sécrétions sucrées de larves d'insectes accrochées aux branches. Son aire de répartition tient en quelques centaines de kilomètres carrés : espèce en danger critique d'extinction à la liste rouge de l'UICN.

4. La gerboise naine du Baloutchistan (Salpingotulus michaelis)

Quatre à cinq centimètres de corps, une queue bien plus longue, environ 3 g. On la situe souvent en Afrique du Nord : c'est faux, elle vit dans les déserts du Baloutchistan, au Pakistan et en Afghanistan. Elle bondit sur ses pattes arrière et tire toute son eau de ses graines et de ses feuilles, sans jamais boire. Ses sauts se comptent en dizaines de centimètres, pas en mètres.

5. Photocorynus spiniceps

Le mâle mesure 6,2 mm. Autre correction fréquente à faire : ce n'est pas un poisson-dragon mais une baudroie des grands fonds, famille des Linophrynidae. Le mâle nage jusqu'à une femelle dix fois plus longue, mord sa peau et fusionne avec elle : les tissus se soudent, les circulations sanguines se rejoignent, et il ne reste bientôt de lui qu'une paire de testicules greffés sur le flanc de sa partenaire. Dans le noir des grands fonds, la rencontre est si improbable qu'on ne prend pas le risque de se séparer.

6. Le serpent filiforme de la Barbade (Tetracheilostoma carlae)

Dix centimètres, l'épaisseur d'un spaghetti. Décrit en 2008 à la Barbade sous le nom de Leptotyphlops carlae, il vit sous les pierres et mange des termites et des larves de fourmis. La femelle pond un seul œuf, et le nouveau-né fait déjà la moitié de la longueur de sa mère. Descendre plus bas serait impossible : le jeune ne pourrait plus avaler ce dont il vit.

7. Le colibri d'Helena (Mellisuga helenae)

Cinq centimètres du bec à la queue, 1,95 g pour la femelle, un peu moins pour le mâle. Endémique de Cuba, il bat des ailes jusqu'à 80 fois par seconde en parade, contre une cinquantaine en vol stationnaire ordinaire. Son cœur dépasse 1 000 battements par minute en activité. Il visite plusieurs centaines de fleurs par jour et entre en torpeur la nuit, laissant sa température chuter faute de réserves. Son nid, tapissé de toile d'araignée, fait le diamètre d'une pièce de deux euros.

Pourquoi ces records changent tous les dix ans

Ces classements bougent : la grenouille de Papouasie a détrôné un poisson indonésien en 2012, le serpent de la Barbade a été décrit en 2008, le microcèbe de Mme Berthe en 2000. Les espèces minuscules échappent longtemps aux inventaires, difficiles à voir et souvent confinées à un seul massif.

Ces espèces sauvages qu'il faut protéger n'ont rien de décoratif. Un animal de 2 g cantonné à une seule île part le premier quand la forêt recule ou quand la saison sèche s'allonge, et il part sans bruit, souvent avant qu'on ait fini de l'étudier. C'est la raison la plus sérieuse de s'intéresser aux bêtes minuscules.

Résumer cet article avec :

Partager :

miniature